###livre comme fiction#04 Paul Auster me poursuit

Si l’on me demandait de visiter ma bibliothèque, je ne saurais quoi répondre. Plaisir de l’intérêt, gêne du désordre et de bien d’autres choses. Comme un dressing, une bibliothèque révèle beaucoup de ce qui a tout intérêt à rester cacher. C’est intime et je n’ai rien à en dire (classement alphabétique pour les romans, thématique pour les autres) si ce Continuer la lecture###livre comme fiction#04 Paul Auster me poursuit

#livre #04 | Apprendre à dire adieu

On accueille l’homme sur la terrasse en lauze. Il est venu avec ses garçons de 8 et 6 ans. On lui ouvre la porte de la maison. On passe en revue chacune des pièces : cuisine, chambres, bureau, salle de bains, toilettes, salon-salle-à-manger, grenier, appentis. On ouvre les placards, buffets, armoires, commodes, penderies, bibliothèques… De retour dans le salon-salle-à-manger on s’assied autour d’une table en bois Continuer la lecture#livre #04 | Apprendre à dire adieu

#livre #02 | papier peint

D’atlas, il n’y en a qu’un, les autres ne sont qu’ersatz, fac-similés, ouvrages indistincts. Celui-ci est unique, entre tous repérable. Acheté, recouvert, trimbalé. Son premier atlas. Comme son premier vélo, sa première montre, sa première communion. C’est d’abord un cadeau. Un événement. Il faut prendre sa place dans la queue, devant la librairie. De ces queues devant les librairies, devant Continuer la lecture#livre #02 | papier peint

#livre #03 | Une goutte d’eau

Comment ne pas se sentir l’espace d’un instant le propriétaire des lieux, comme l’appelpressenti d’un chez soi. C’est simple. Un peu à l’écart de la vie de la ville, sans en êtrevraiment éloigné. Une devanture un peu nostalgique, rappelant celle des années soixante, d’une teinte pastel où le mauve glisse un soupçon d’ailleurs. Il faut appuyer fort sur la poignée Continuer la lecture#livre #03 | Une goutte d’eau

#livre #04 | Longtemps et maintenant

Longtemps je me suis affiché avec bonheur, fervent lecteur. La première chose qu’on voyait, en entrant chez moi, c’était le rayonnage des livres, le plus flambard et le plus éclectique possible, mais avec du Proust bien sûr, et puis du Joyce, en bilingue de préférence, et du Dostoïevski aussi, pareil avec le cyrillique en nec plus ultra… ça vous en Continuer la lecture#livre #04 | Longtemps et maintenant

#livre #01 | Sensacion termica

Le livre est rose. C’est un livre de fille. Il y a la couleur rose et aussi deux petites fleurs blanches sur la couverture. L’une à côté du nom de l’éditeur (Libros del Asteroide) et l’autre à côté d’une femme assise comme au bord d’une piscine, tout sourire avec ses lunettes de soleil et son maillot de bain une pièce Continuer la lecture#livre #01 | Sensacion termica

#livre #03 | Charivari

Aller au hasard traverser le fleuve sur la passerelle tout en discutant ou seul en observant la ville et ses bruits de sauvages, le ciel des damnés, les eaux roulant sous les ponts et peut-être s’égarer par les quais dans les quelques rues parallèles au gré du vent. Dans une rue nouvelle, l’insolite saisit. Des livres et des livres, un Continuer la lecture#livre #03 | Charivari

#livre #01bis | geste et rêve

Caresser la couverture, la première, puis glisser sur la tranche pour finir par la quatrième, le tourner, devant, derrière, éventer ses pages lâchant la pression entre le pouce et l’index, parcourir le roman d’un trait, sans le lire, savourer ce que sera l’aventure, se faire surprendre par des mots lorsque le mouvement ralentit, repérer une atmosphères, ne pas entrer dans Continuer la lecture#livre #01bis | geste et rêve

#livre #04 | L’absent

Livre-pas-là, je l’ai connu dans la première maison. Pour la toute-petite que j’étais, il disait le droit d’habiter, l’insolence d’être, le don unique de lui à moi. Livre-pas-là me suit partout sur les longs chemins, où que j’aille lors de mes déménagements, dans ma tête de linotte, sous mes cils. Lors de mes visites chez les bouquinistes, je demande à Continuer la lecture#livre #04 | L’absent

#mardis | La trace des gens ordinaires

Deux hommes ordinaires | pris dans le tissu du temps | sans se connaître, sans se croiser, sans laisser de trace l’un vers l’autre | séparés par quatre nuits d’intervalle | entre eux la Méditerranée, le froid, la pluie fine sur un corps qui ne respire plus | rien qui ressemble à un lien,sinon qu’on les a oubliés pareil. 1920 Continuer la lecture#mardis | La trace des gens ordinaires