-

#été 2023 #02 | un monde hors-sol
-
#été2023 #02bis | Se perdre ou chercher son chemin
-
###été 2023 #03 l’adjointe à la culture
-
#été2023 #03bis | La fête des voisins
-

###été 2023 #04 être une fille de passage
-
#été2023 #04bis | Départs en vacances
-
#été2023 #05 | des témoins de nos vies
-

#été2023 #06 | nocturne
-
#été2023 #07 | Conception
-
#été2023 #07bis | Dis-moi si je sens
-
###été 2023#08 4 août 2083
-

###été2023 #08 bis Presque aussi rare que de surprendre un accouplement de renards
-

###été 2023#09 La maison où il a grandi
-
#été2023 #10 le parking des Chères où rien ne manque excepté la beauté
-
# été 2023 # 10 bis Moi, l’autoroute du soleil
-
###été 2023 #11 La rentrée
-
#été 2023 #11bis | Dis-moi ce que tu lis
-
#été2023 #12 | j’aurais dû partir
-
#été2023 #12bis | sensitivity reader
-
#été2023 #12bis | la conférence d’histoire
-
#été 2023 # 13 mes points cardinaux
-
#été2023 #14 | Le parking
-
#été2023 #15 | Papoter culture
-
#été2023 #16 | saison culturelle
Archives de la catégorie : les ateliers Tiers Livre
# été 2023 #07bis il n’a pas assez parlé
Il n’a pas assez parlé de cette odeur de sang mêlé odeur de métal d’entrailles débordantes odeur de souffrance odeur de savon liquide odeur de désinfectant qui jamais ne peut masquer toujours dessous l’odeur de miasmes toujours revient l’odeur de pus il n’a pas assez respiré l’odeur du vent son esprit ne peut recomposer l’odeur du vert de l’herbe l’odeur Continuer la lecture# été 2023 #07bis il n’a pas assez parlé
###été 2023#09 La maison où il a grandi
Depuis longtemps, il me demande de venir le voir dans sa maison des G. Au téléphone, lorsque j’annonce la date et l’heure probables de notre arrivée sa femme m’explique le chemin. pas celui mentionné sur l’adresse, la rue de l’église (c’est facile, au bout on voit l’église) jusqu’au bout, puis tourner deux fois à gauche et le chemin du pâtre Continuer la lecture###été 2023#09 La maison où il a grandi
véronique müller #été 2023
-
#été2023 #01bis | le bloc de papier brouillon
/
Avant cela. Réfléchir peut-être à la façon dont ça a commencé. Dont ça aurait commencé, écrire. Il y eut les devoirs d’école, les rédactions les dissertations. Et déjà, il est vrai la surprise de ce que ça s’écrive et qu’il n’y ait pratiquement rien à rajouter, jamais à corriger, tout d’un coup le point final et puis les félicitations des professeurs. Il dut y avoir quelques lettres. Des journaux quelquefois entamés, rapidement détruits. Et l’accident, elle a 18 ou 19 ans. Elle se rend à une répétition de théâtre et une voiture lui cogne le genoux comme elle avance la jambe gauche pour traverser. Elle est opérée, on lui annonce ensuite qu’elle doit rester 3 mois sans mettre son pied à terre. Elle loge chez ses parents.
Sonia, dans le canapé lit les livres que lui apporte son ami, lit les livres, regarde les films. Découvre ainsi Duras. Son premier livre de Freud. Beckett. Une introduction à la lecture de Jacques Lacan, Tome 1, Tome 2, qu’elle dévore. Et c’est au cours de cette dernière découverte qu’elle se met à écrire un roman qui lui vient comme un rêve, dans la plus grande facilité, aussi bien qu’étrangeté. Jour après jour, elle remplit le bloc, les blocs de papier brouillon qui ne sont ni lignés ni quadrillés, aux feuilles beiges, un peu rêches, qui se détachent par le dessus, à la couverture verte, de son écriture régulière. À aucun moment avant d’écrire elle ne sait ce qu’elle va écrire et cela lui plaît. Si ce n’est qu’elle aura quelques difficultés à le terminer, cela ne sera terminera pas vraiment. Enfin, la fin ne sera pas à la hauteur de l’intrigue de départ. Un homme a un accident, se retrouve à l’hôpital, on découvre qu’il a trois lettres écrites dans sa tête, PER, il se dit qu’il a la marque d’un produit à laver la vaisselle inscrite dans sa tête. Et c’est alors son histoire qui commence, qui est plutôt son absence d’histoire. L’homme est calme et fade. Sa femme, il en a une, à tout d’une marâtre. A-t-il une fille. Il rencontre dans des circonstances étranges une jeune femme, Anna, qui s’avère être une extra-terrestre. D’où elle vient, les êtres sont faits entièrement de lettres.
Il avait fallu alors taper le roman, à la machine. Peut-être même fallut-il pour cela apprendre à taper à la machine. C’est la grosse machine à écrire électrique de sa mère. Les 3 mois d’arrêt avaient passé, il fallait reprendre là où on avait tout laissé.
Sonia pensait qu’elle était entre-temps devenue écrivain.
Même si elle n’en était pas absolument convaincue.
Ne restait il l’importante question de l’édition.
Enfin, elle pensait que ça ne cesserait pas, la facilité à écrire. La possibilité de la fiction.
Elle continua.
Il y eut des écrits volés. Auxquels, elle tenait beaucoup. Des écrits lumineux.
Un fol amour épistolaire.
Elle commença une analyse.
Tout en poursuivant l’écriture d’un roman qu’elle finit pas couper en nouvelles.
Car son écriture change avec l’apparition des ordinateurs et les possibilités infinies du copier/coller. Ils sont loin les blocs de papier brouillon sans rature. Son écriture toujours pleine de ses lectures. Duras, mais surtout Beckett. De courtes fictions proches du rêve, de la fable. Petit à petit, elle se perd dans les phrases qu’elle ne cesse plus de retravailler et le doute l’assaille. Elle envoie des manuscrits à des éditeurs. Elle n’ose se faire lire de personne.
Elle abandonne l’écriture de fiction. Bien plutôt la fiction l’abandonne-t-elle.
Elle se met à écrire sur sa propre analyse.
Elle mit un temps fou à rejoindre, à entendre ce qui se formulait d’elle dans ce qui fut son premier roman et s’avèrera être le dernier. A le rejoindre et à peut être trouver le moyen de le dépasser.
Protégé : christine jeanney #été 2023
#7 Préparation du corps
Nous nous préparons à partir. Vers la rue Delanglade où siège le consulat d’Espagne, dans une rue tranquille bordée d’immeubles haussmanniens. Les cocktails Molotov sont planqués sous les blousons. Nous allons jeter les bouteilles sur les murs qui abritent les représentants de la dictature. Celle qui a garrotté Puig Antich. Certains comme moi devaient avoir peur. Les jeunes corps devaient Continuer la lecture#7 Préparation du corps
#Faire un livre #Prologue Rivières et ravines
J’ai demandé à Tonton Odilon de me raconter les rivières. Nous sommes seuls dans la maison à Bergette. Lui dans le jardin, moi dans mes cahiers. Nous parlons peu. Le chat Féfé dort à mes pieds. Tonton Odilon dit que les chats ça guéri. Il faut le laisser et ne pas le chasser. Est ce que j’ai besoin de guérison? Continuer la lecture#Faire un livre #Prologue Rivières et ravines
#4bis où le retard aurait pu trouver son explication
4bis
été2023 #09bis | Journal de Pl
Pl. le 12 août 2023 J’ai disparu. J’ai invoqué un vol de téléphone quand je l’avais simplement jeté dans le fleuve. Il est 18h quand le bus quitte R. et s’enfonce dans la forêt. Le ciel est d’un blanc laiteux. J’ignorais, y allant que ce que j’y trouverais correspondrait très exactement à l’image que je m’en faisais. C’est qu’il nous Continuer la lectureété2023 #09bis | Journal de Pl
#été2023 #07bis | l’odeur du silence
Je n’ai pas assez parlé de cette odeur passée. Les allées venues de la cuisine à la salle, de la terrasse au comptoir. Les effluves de la pêche du jour cuisiné pour les ouvriers à l’heure du déjeuner, la musique, les éclats de voix au jardin embaumant le soleil emmagasiné tout le long de la journée. Servir, desservir, remplir les Continuer la lecture#été2023 #07bis | l’odeur du silence