vers écrire/film #03 | consciencieusement

Consciencieusement, je lis les textes de Jacques Dupin, je ne comprends pas bien, pas tout, en tout cas pas littéralement, pas intellectuellement. Déjà je me laisse envahir par des émotions, par des pensées, des souvenirs, je suis imprégnée d’intuitions, c’est ça, ça poisse. Cela me dérange, je voudrais être dans un rapport intelligible et distant avec le texte, je voudrais Continuer la lecturevers écrire/film #03 | consciencieusement

vers un écrire/film #03 |  ce jour-là

7 heures. Voix de radio. Chaude et percutante. Le temps en marche. En ordre de bataille. Je sors dans le noir moite et ouateux. À mon corps défendant. La machine s’ébranle. La bouilloire siffle. À mon corps défendant je quitte l’espace du dedans. 8 heures. Sonnerie de cour récréative. Espace du dehors. Glas. Grouillement de vêtement froissés en mouvements fébriles. Continuer la lecturevers un écrire/film #03 |  ce jour-là

vers un écrire/film #02 | morceau de peau

atmosphère humide verte­ les arbres aux racines épaisses les branches tombent resserrent forment une tente géante cordes tendues graves insectes grouillants | détache homme torse nu bas de cuir épais agenouillé recueilli quasi immobile | muscles bronze délavé | jeu des membres | mécanisme lent | sortir un tissu gardé au chaud | contre son sexe le tissu | serpent Continuer la lecturevers un écrire/film #02 | morceau de peau

vers un écrire/film #03 | demi-jour d’hier

Un éternuement ouvre le bal.  Les mouchoirs blancs jetables on dirait des oiseaux de papier ou des lettres froissées sans L. 4H25 au temps de l’écran; celui du four s’attarde à 23; au mur les aiguilles hésitent encore.  La fenêtre bleue est éteinte, côté jardin c’est au plus noir. À cour le lampadaire municipal fait la rue. Halo d’angle. La Continuer la lecturevers un écrire/film #03 | demi-jour d’hier

vers un écrire/film #03 | reflets

Lueurs dans la nuit derrière un grillage. Terrain vague. Parking. Un train passe. Fuite horizontale. Une tour à angle droit du train zébrée d’escaliers. D’autres flashs. Lampes qu’on allume et passants pressés. Le reflet d’un homme. Il porte un col roulé blanc et se penche en avant. Il boit un café et il lit. Il parle à quelqu’un qu’on ne Continuer la lecturevers un écrire/film #03 | reflets

vers un écrire/film#3 : hier le ciel était jaune

1.hier le ciel était jaune. elle n’avait pas su dire si cela venait d’un vent du désert ou de flammes d’incendies. sans doute des deux. sans doute aurait-elle pu trouver aussi une autre explication celle-ci surnaturelle qui aurait fait passer les deux premières pour de simples anecdotes. désormais il y avait souvent vu le contexte de la guerre cette sorte Continuer la lecturevers un écrire/film#3 : hier le ciel était jaune

vers un écrire/fim #02 | le visage de la femme

1.dans un gros plan le visage de la femme en noir et blanc est illuminé de moitié ǀ elle parle de façon discontinue ǀ  sa bouche tantôt s’ouvre se déforme tantôt reste figée ǀ sa respiration les soulèvements de sa poitrine s’amplifient ou s’affaiblissent ǀ en accord avec les paroles émises ou tues ses silences ǀ son visage est une Continuer la lecturevers un écrire/fim #02 | le visage de la femme

vers un écrire/film #02 | Je voudrais parler de

vous ne désirez que moi

| plan fixe sur une cabine téléphonique à pièces | dedans un homme jeune s’apprête à téléphoner | cadre plus serré qu’un plan américain | le format flat de l’image est découpé en trois parties | arrière plan de plage | structure en aluminium de la cabine recadre le personnage | le sable et la mer visibles partout sont légèrement Continuer la lecturevers un écrire/film #02 | Je voudrais parler de

vers un écrire/film #02 | intérieur/nuit

Intérieur nuit | gros plan | une cigale sur un oreiller blanc | au premier plan un corps allongé | flou | tâche de cheveux châtains | coupés courts | air chaud gonflé du bruit strident | nuit d’été | contre-champ | plan rapproché d’une femme | elle dort | couchée sur le côté | yeux fermés | la cigale Continuer la lecturevers un écrire/film #02 | intérieur/nuit

vers un écrire/film #03 | replay

Le couvercle s’entrouvre. Le métal tinte. Une mousse coquille d’œuf grandit. Le bicarbonate a rendu l’eau épileptique. Laisser se répandre. Juste. Un peu. Voir. C’est un acte de matière, un mouvement (écume ou bave d’escargot fondues à la mémoire des yeux ou des doigts, selon). Les boules de papier en luminaires, lunes suspendues au noir des carreaux disent l’heure. La Continuer la lecturevers un écrire/film #03 | replay