La Ville D’O

Le calme avant la tempête

Le marcheur en quête de la Ville d’O la reconnait de loin. Il lève son bâton de pèlerin lorsqu’il aperçoit les coupoles, les tours, les minarets, les châteaux d’eau. Il avance encore et les passerelles, les ponts se précisent. Au-dessus des 4 fleuves que traversent la ville enchevêtrés au-dessus des 1000 Canaux, des réseaux de passages, escaliers, pontils. Des toits, Continuer la lectureLa Ville D’O→

#P0 L’enfant atlantide

Des bouees aux couleurs fluos

Enfant, la joie de la baignade c’était l’exploration du chaos. Sous l’eau, les yeux mi-clos, j’étais mi-aveugle et mi aveuglé. Du plaisir sans limite à chasser le soleil partout où il se cachait. Au fond de l’eau. Au fond du ciel. Ne pas compter les heures, ni le nombre de fois où. Retenir sa respiration le plus longtemps possible. J’étais Continuer la lecture#P0 L’enfant atlantide→

Prémisses permises.

Souvenir d’enfance précis. Cinq, six ans, ciel turquoise, mer espiègle. Sourire solaire. Expérience sous mes fesses : les secousses d’un bateau à moteur qui rebondit doucement sur les vagues. Sur ma peau les caresses du soleil et de la brise. Six mille gouttes microscopiques agitées par le vent éclaboussent mon visage. Six mille gouttes microscopiques me chatouillent le cou, rafraîchissent Continuer la lecturePrémisses permises.→

peut-être à tout jamais

J’arrive sur la plage aux premiers rayons de soleil. La marée a laissé sur le sable une multitude de trésors luisants. Je fais attention de n’en écraser aucun, de ne pas effrayer les mouettes à moitié endormies, dans l’attente du signal secret qui les fera revivre. Je me couche dans l’eau au milieu des vagues minuscules qui déferlent en tous Continuer la lecturepeut-être à tout jamais→

Communicants

Une nappe nauséabonde frappe les narines et fait claquer des dents. Elle provient d’une artère qui explose en vaisseaux clairs d’un côté et visqueux de l’autre. Quelques fous pataugent, bottes montant jusqu’au cou. Parfois, ils se baissent pour tirer encore plus fort sur l’épuisette qui ne veut pas s’extraire de la bouillie. Lorsque leur sacoche est pleine de larves, ils Continuer la lectureCommunicants→

Olfactive

Eau de flacon, de bleuet, de Cologne, de rose. Est-ce le verre qui te fait bleue, ou rose, qui te dore ? Eau d’ambre. Eau couleur d’encre. Eau de musc, de bois, de fleur. Parfumée. Enchâssée dans le verre qui t’intime sa forme et te ressemble—comme une eau pétrifiée ou gelée. Encapuchonnée. Succédané de  l’odeur de leurs peaux. Sans la peau. Continuer la lectureOlfactive→

Déliriver

S’y jeter, plonger dans les paysages de l’eau et puis… suinte une mer de verglas trouble, transpire une goutte de gel frissonnant, perle une bulle de neige salée, ruisselle une flaque de glace amère, mouille une rivière de larmes fraiches, bouillonne un étang de grêle plate, pleure un ruisseau de sueur minérale, coule un flocon de rosée pétillante, se déverse Continuer la lectureDéliriver→

Sous la surface, il pleure.

C’est seulement quand tu dériveras dans le calme sombre des grands fonds qu’il nagera mollement vers toi. Avec son grand œil jaune, tu le verras arriver de loin, le gros poisson des noyés. Il vient pour les gober. Pas un qui lui échappe. C’est pour ça qu’il est si gros, si lent ; lourd de toutes ces vies qu’il écope Continuer la lectureSous la surface, il pleure.→

L’eau vive

« Ma petite est comme l’eau, elle est comme l’eau vive…», fredonne la grand-mère. La petite patauge avec délice dans la flaque de boue au bord de l’étang. Le grand-père pêche à l’ombre des grands arbres, la petite observe, un peu craintive à cause des histoires de noyés aspirés par un puits dans les tréfonds l’étang. Plus tard elle se jette Continuer la lectureL’eau vive→