#livre #08 | l’eau bleutée de la clepsydre

suite de la #7 – SE PERDRE […] et puis c’est venu dans le rêve une fois la porte poussée sur un jardin ténébreux, du moins c’est l’impression qu’il m’a laissée. J’ignore ce qui nourrissait mon rêve en cet instant-là. Le ciel était brûlant, sans nuages. Séjourner au jardin d’ombre procurait un plaisir incommensurable. Sur la table là, sous un Continuer la lecture#livre #08 | l’eau bleutée de la clepsydre

# le livre comme fiction #07 # 08 arpentage marais et final

07 Sa voix, quand il marche.  Les textes qui lui reviennent à voix haute dans le silence correspondent à ses pas. Leur crissement, mot après mot, se mêle aux scories qui comblent les ornières dans les allées du marais. Je l’écoute en marchant, et retiens ce qu’il dit —il sème des graines à la volée dans le cœur d’une adolescente Continuer la lecture# le livre comme fiction #07 # 08 arpentage marais et final

# le livre comme fiction #07 | Borges, loin dans l’infini

Pendant longtemps j’ai cru me souvenir d’un livre. Mais ce mot lui-même est incertain. Ce n’était peut-être pas un livre. Peut-être une phrase isolée, une suite de sons, ou la trace persistante d’un texte jamais situé avec précision. Il ne me reste qu’un début revenu sans cesse, indépendant de toute origine vérifiable. « Loin dans l’infini s’étendent de grands prés marécageux… ». Continuer la lecture# le livre comme fiction #07 | Borges, loin dans l’infini

#livre #07 | creuser le perdu (1| 2)

Je l’avais promis, du moins je me l’étais promis —que je le garderai toujours ce livre. Ce poche qui s’effeuillait. Aux pages si légères, à peine encrées, quelques signes, sur le papier jauni. Ce livre avec ces phrases qui fulguraient. Aphorismes? Sentences? Eclairs. Énigmes. Ce poche qui se serrerait plus tard du côté des poèmes quand les gros livres de Continuer la lecture#livre #07 | creuser le perdu (1| 2)

#LLCF #06 | Robert-Louis, Alexandre, Enid et les autres

Je me souviens de l’appartement et de mes lectures d’enfant. L’appartement était immense aux yeux de l’enfant. Je dis « l’enfant », à cause de son premier prénom, identique à celui du père, et du second, qui était celui de la mère. On lui avait certes assigné un genre, qui lui faisait fréquenter l’école des filles et porter des jupes. Mais quand Continuer la lecture#LLCF #06 | Robert-Louis, Alexandre, Enid et les autres

#Livres #06 #07 #08 – Divagations.

Elle m’a tendu le livre en disant :  » Tiens, ça c’est complètement toi !  » Elle a déposé le livre. J’ai regardé la couverture Madame Bovary de Gustave Flaubert. Je l’ai lu. Et je n’ai pas compris. Je l’ai lu. Et je ne me suis pas vue. Je n’étais pas. Je n’étais pas. Je n’étais pas Emma. Je n’avais Continuer la lecture#Livres #06 #07 #08 – Divagations.

LLCF_#05 | Feu de joie

Je fis un feu, l’azur m’ayant abandonné…Paul Eluard Je me souviens des boîtes à livres. Il y en avait une sur la petite place, devant mon école. Elle était collée, comme nichée contre le tronc d’un platane. Une sorte d’armoire en bois peinte en gris, haute et profonde, avec quatre étagères. De chaque côté, des planches fixées verticalement donnaient l’impression Continuer la lectureLLCF_#05 | Feu de joie

# Le livre comme fiction 05 # Niches

Le mot est là dans le droit de l’Ancien Régime, nu et technique, exposer un enfant, on ne dit pas abandonner, on dit exposer, comme on dit exposer un tableau, comme on dit exposer un argument, mettre à la vue de, soumettre au regard de, confier au monde ce qu’on ne peut plus garder. La tour était le dispositif, un Continuer la lecture# Le livre comme fiction 05 # Niches

# le livre comme fiction#06 Interdits

Au départ, c’était plutôt le dessin. Les longues après midi tranquilles dans la cuisine et le bruit du pinceau trempé dans le verre d’eau. Tenter de faire aussi bien qu’elle. Penser y être parvenue. Elle a quatre ans de plus, on s’illusionne. Plus tard elle sera la chouchoute de son prof de dessin et on sera celle des profs de français Continuer la lecture# le livre comme fiction#06 Interdits

#livre # 06 | Le livre et l’assassin

— Va te coucher, Léo. Va te coucher, je vais te lire une histoire. Mme Chautard voulait tuer son chat. Il était malade. Léo aimait bien les histoires de façon générale. Elles l’aidaient à s’endormir. Il entrait dans les histoires accompagné par la voix de sa mère. Une voix douce et tendre dans laquelle il se lovait pour laisser aller son imagination. Continuer la lecture#livre # 06 | Le livre et l’assassin