#P10 | Un homme chez nous

Circonstances. Quand vraiment, tout est noir.La nuit me permet ce que le jour rougit sur mon visage.Comme il est d’usage dans ce monde : un noir d’encre. Alors je me glisse, une chandelle à la main, contempler les peintures de la galerie comme à mon habitude, mes cheveux chatouillent ma poitrine.Je dois rencontrer cette Diane dont l’âge commence un peu après Continuer la lecture#P10 | Un homme chez nous

#P10 L’agenda

La fille monte l’escalier extérieur jusqu’au balcon et entre par la porte-fenêtre dans l’appartement à l’étage de la maison pensé il y a plus de cinquante ans pour y vieillir, de plein pied, le minimum mais tout y est, petite cuisine sans même la place d’une table pourtant haut lieu de préparation pour des festins passés, petite chambre, petite salle Continuer la lecture#P10 L’agenda

#P10 Les herbes hautes

Il avance devant elle sur le sentier, passe les barbelés et s’arrête dans le champ traversé par un ruisselet. Il laisse aller sa tête à droite et à gauche : Il faudrait que je revienne au printemps. Au printemps. Voir quand le vent fait onduler les hautes herbes, dit-il le bras qui balaye l’horizon. Je croyais que tu n’aimais pas la Continuer la lecture#P10 Les herbes hautes

L#11 Non pas cela

Non pas un doux passage sur des flots — Calmes — Lentement aérés — Glisser sur une eau presque étale — Rythme de croisière — Molle harmonie proportionnée — Avec agitation insensible — Laisser se bercer tout bouleversement — Beau fixe sur un tumulte impassible — Peut-être ne jamais se trouver seul — Logé dans la stabilité de la compagnie — Laisser tarir la rumination — Dans une douce traversée sans ressassement — Échange — Connivences — Désirs complices sans précipitation Non pas un quiet et satisfait sommeil de veille — Rêverie Continuer la lectureL#11 Non pas cela

#P10 Tu dors?

De temps à autre, on entend une voiture glisser sur la chaussée humide. C’est le seul bruit qui leur parvienne en dehors de leurs souffles. Elles respirent en cadence, comme les couples qui marchent au même rythme. Tu dors ? Non, je ne dors pas. T’as pas sommeil ? Si, pourtant, mais je n’arrive pas à m’endormir. Je pense à demain. Moi Continuer la lecture#P10 Tu dors?

#L10 « Une charogne »

Toute chiffonnée, humide, salée, piquetée de moisi par endroits, pliée en biais entre les pages d’un bloc note à petits carreaux tout gondolé, Bé la reconnait tout de suite, pas besoin de la retourner pour voir le cartouche. Admiralty Chart 2721 St Kilda To Butt Of Lewis. Tachée, déchirée aux pliures, barrée de traits, annotations, points avec heures, notes et Continuer la lecture#L10 « Une charogne »

#hors-série 2, objets – la baignoire

Le bureau de la maison d’Ozoir est à l’étage, à droite dans le couloir après les escaliers. Au centre, la table de travail, avec une planche et des tréteaux, et une machine à écrire, où tu rédiges des articles pour Elle, un magazine pour dames, rubrique Neuf, nouveau, nouvelle. À gauche, une baignoire : nom féminin dérivé de baigner, du bas latin Continuer la lecture#hors-série 2, objets – la baignoire

Hors-série (3) Serpette

Outil principalement agraire, la serpette n’est pas une faucille : elle n’a de courbe que sa pointe. D’où des métaphores différentes. Ainsi l’expression ironique uniquement attachée à l’une : droite comme une faucille ».  Alors que la serpe figure une manière d’être taillé, plutôt rude, même grossière : « coupé à la serpe », pour un visage, mal bâti pour un corps, mal tourné, pour Continuer la lectureHors-série (3) Serpette

Hors-série # 2, Une présence bien trempée

Celui posé là sur le bureau a l’élégance orange, pas de l’orange insolent qu’on peut imaginer en entendant la couleur, mais d’un orange sourd, sans doute parce qu’il est atténué par les petites vagues concentriques plus sombres, rouge éteint qui dessine, griffonne, finit par hypnotiser. Pour la discrétion, un rabat maintenu par un bambou qui glisse dans la petite échancrure Continuer la lectureHors-série # 2, Une présence bien trempée