arts de la fiction #04 | chronique de l’âge de glace

, sa voix, comment était sa voix ? sa voix que je n’ai jamais entendue, puisqu’il était déjà mort quand je suis né, sa voix que je ne connaîtrai jamais. Ses mots, si. Ses mots, je les ai lus, dans ces feuilles que m’a laissées ma mère, ces feuilles où elle a retranscrit les messages qu’il lui avait laissés, envoyés de Continuer la lecturearts de la fiction #04 | chronique de l’âge de glace→

arts de la fiction #03 | Marcher jusqu’à la Galerie Nadja Vilenne, sans passer par l’hôtel

Gros plan sur l’ouverture de la porte béante, le dernier passager finit par sortir. Sa chemise et sa joue mal rasée sont pareillement froissées. Il porte la main à ses yeux et réalise qu’il a ses lunettes. Il sourit. Continuer la lecturearts de la fiction #03 | Marcher jusqu’à la Galerie Nadja Vilenne, sans passer par l’hôtel→

arts de la fiction #04 | Confidences de vermines

qu’il était, en tous sens face à la mer, la respirant jusqu’à la transe, qu’aujourd’hui, à l’arrêt, il a mal, il a fait mal, on lui fait mal, qu’il a pensé qu’il tiendrait, mais qu’il ne faut pas pousser – à ce point, on ne comprend pas, la nausée, la sidération, notre haine ressasse, on ne se souvient déjà plus Continuer la lecturearts de la fiction #04 | Confidences de vermines→

#arts de la fiction #4 | serre-moi fort, Kaito

— qu’elle n’était personne en particulier quand le temps s’est arrêté, qu’elle avait des cheveux longs et lisses comme toutes les filles de la côte nord-est, son visage était inconnu, c’était il y a 16 ans, les minutes qui avaient suivi la catastrophe étaient devenues irréelles, mais quelle idée avait eu les parents de quitter la montagne des aïeux pour aller Continuer la lecture#arts de la fiction #4 | serre-moi fort, Kaito→

#arts de la fiction #02 | Gare maritime

Gare maritime. C’est écrit sur les panneaux de signalisation, les poteaux indicateurs qui guident les voitures et aussi les piétons. Gare, ça fait un peu train, maritime plus bateau, une gare sur un port, le mélange des deux. Pas la grande aventure, le bateau sur des rails, ou presque. Une idée de mer domptée, apprivoisée et proprette dans ces lignes Continuer la lecture#arts de la fiction #02 | Gare maritime→

Ndak la belle inconnue / arts de la fiction #04_2

Comment que tu l’as cru, que tu pouvais être libérée. Comment que t’y crois toujours, il suffit d’un gouverneur à qui la larme vient facilement à l’oeil. Et l’oreille toute ouverte. Comment que tu t’es vue lui parlant, doucement d’abord. Parce que ça paraissait facile de lui faire entendre et que ça t’aurait fait du bien juste d’être un peu Continuer la lectureNdak la belle inconnue / arts de la fiction #04_2→

# arts de la fiction #03 | Accorder son pas.

Décor 1 : Un restaurant qui tourne le dos au parking et à toutes les enseignes géantes et universelles, à part son entrée. Une paroi entièrement vitrée ouverte sur du vert laissé en l’état donne aux tables espacées une luminosité que le temps gris ne contredit pas. Des chansons qui ont été des tubes dans les années 80 passent en continu. Continuer la lecture# arts de la fiction #03 | Accorder son pas.→

arts de la la fiction #02 | Gare de Cousset

À l’horizon, quelque chose bleuit. Le jour. Le long du quai, nous attendons, toujours les mêmes, toujours silencieux, ne nous adressant pas la parole, la jeune fille blonde, le cycliste, celle qui a les cheveux bouclés et qui arrive toujours à la dernière seconde, ce type qui tousse à s’en arracher les poumons (depuis quelques semaines, on ne le voit Continuer la lecturearts de la la fiction #02 | Gare de Cousset→

arts de la fiction #04 | la carte creuse

Qu’il était petit et déjà si sérieux, blouse de coton durci à cause de l’amidon, car elle, la mère, n’en faisait pas l’économie, elle le coiffait toujours sur le côté, si bien que la photo de classe – ses petites mains effleurent une locomotive de bois tirant son wagon de bois – le montre tel qu’à l’habitude, tel que dans Continuer la lecturearts de la fiction #04 | la carte creuse→

 arts de la fiction #03 | à quelque chose près

Gare de Laroche-Migennes. Été. PLAN LARGE Un quai presque vide. Un train vient de partir. La dernière voiture disparaît au bout des voies. La poussière soulevée par le passage reste quelques secondes dans l’air chaud. Sur le quai, une petite valise. À côté, elle. Une robe légère, des chaussettes blanches, des chaussures encore neuves. Elle suit des yeux le train Continuer la lecture arts de la fiction #03 | à quelque chose près→