#rectoverso #07 I Descendre au bon arrêt

VERSO Le fait que c’est l’intonation qui me fige, m’empêche de descendre du bus alors que je viens d’actionner le signal Stop. Le fait que les mots disparaissent aussitôt, avalés dans la violence du geste et du ton. Le fait que je ressente dans ma nuque toute la force d’une gifle qui m’a assommée quelques 50 ans plus tôt. Le Continuer la lecture#rectoverso #07 I Descendre au bon arrêt→

#rectoverso #07 | mamá

Le fait que chaque matin elle vient là et qu’elle s’assoit toujours à la même table, derrière la vitre, dos à la rue, le fait qu’elle le fait volontairement, même si elle sait qu’il faut surveiller ses arrières, qu’elle connait des gars qui ont pris une balle dans la nuque là-bas, ici elle ne risque rien, pas encore, journalistes gênants, Continuer la lecture#rectoverso #07 | mamá→

#rectoverso #07 | la mort de Georges Pompidou

le fait que Georges Pompidou soit mort a plongé le monde de Paul Paturel dans une autre dimension, car il y avait un premier monde dans lequel Georges Pompidou existait et, en un instant, est apparu un nouveau monde dans lequel George Pompidou n’était plus ; le fait que cet instant précis soit situé, pour Paul Paturel, entre deux bouchées de Continuer la lecture#rectoverso #07 | la mort de Georges Pompidou→

#rectoverso #06 | Le chat de Shrödinger

Je viens dans ce jardin parfois le soir quand je ne sais plus quoi faire, je m’assois d’abord sur une pierre. Il n’y vient presque jamais personne, j’aime le silence, les fleurs qui poussent libres dans les allées et, quand il pleut, la lumière sur les dalles. J’y vais sans rien, je sais qu’on n’aimerait pas m’y voir avec un Continuer la lecture#rectoverso #06 | Le chat de Shrödinger→

#rectoverso #06 | Le chien à la grille

Quand on est un chien à la grille, on est soit le barreau – invisible, soit la menace – les crocs. Quand on est un chien à la grille, on respecte les temps précis, quotidiens et obligatoires, que ni la neige ni le soleil, ni l’absence du maître ni la présence d’invités ne perturbent. Au petit matin, je fais le Continuer la lecture#rectoverso #06 | Le chien à la grille→

#recto verso #07 | le fait qu’il y a que c’était

Le fait qu’il y a les hélicoptères, du moins leur bruit ; le fait que ça tournoie, là-haut, derrière. Et le ciel d’un bleu. Pas un petit nuage, même pas. La chaleur. La mer. La mer on la dirait à l’arrêt, elle stagne; une heure qu’elle aurait dû commencer à monter, à peine de quoi barboter : Tu es sûre Continuer la lecture#recto verso #07 | le fait qu’il y a que c’était→

#recto-verso #06 | Beau métis

Cette nuit j’ai rêvé que je marchais et que je me cognais à quelqu’un et que ce quelqu’un c’était moi qui, par le choc, éclatait. J’ai sursauté, j’étais mort.Serait-ce le signe de mon licenciement ? Viré. Un rêve prémonitoire ? Nanar a déclaré que la boutique était déficitaire. On l’aurait deviné : pas un chat dans les rayons ou seulement quelques curieux qui Continuer la lecture#recto-verso #06 | Beau métis→

#rectoverso #01 #02 #03 #04 #05 #06 #07 #08 #09 #10 #11 #12 #13 #14| (titre à venir)

# 1 Recto Le monde ne se ressemblait plus, avec presque rien, en partant de rien, il fallait inventer le bout de territoire, c’est en marchant vers le territoire, dans une allée d’un jardin, ou sur la grande avenue d’une capitale, c’était pareil, qu’on aboutisse au Taj Mahal, ou sur l’envers d’une autoroute – les bornes à essence, le comptoir Continuer la lecture#rectoverso #01 #02 #03 #04 #05 #06 #07 #08 #09 #10 #11 #12 #13 #14| (titre à venir)→

#rectoverso #07 | À bout de souffle

RECTO Le fait que nous soyons le 26 octobre 1984, le fait que c’est mon trente-cinquième anniversaire, le fait que j‘ai demandé congé à mon patron pour cette occasion, le fait que je viens de me lever, le fait que j’ai regardé le ciel par ma fenêtre, le fait qu’il fait un temps exécrable, le fait que je suis retourné Continuer la lecture#rectoverso #07 | À bout de souffle→

#rectoverso #06 | Toute une vie.

«l»                                  RECTO. J’ai mis du temps à me faire. Le certificat et basta, après c’était la ferme. Comme les parents et comme mes frères et sœurs et puis l’armée où j’ai connu ce premier et seul copain. On ne parlait pas beaucoup à la maison, ça m’est resté. Par contre, je ne suis pas resté paysan, je sentais que c’était Continuer la lecture#rectoverso #06 | Toute une vie.→