#anthologie #01 | idecaf

Le bourdonnement d’une conversation au loin, le son des voix encore indistinctes, sans pouvoir discerner les mots ni la langue. Passer devant les affiches des spectacles du mois, chaque pas semblant mener à la source des voix, deux, deux dans le même corps de dos, un uniforme, celui du garde vouté sur sa chaise, une fois dépassé, découvrir ses yeux Continuer la lecture#anthologie #01 | idecaf

#anthologie #01 | Consulat

Monter l’escalier roulant du métro, station Haliç. Allonger le pas sur le pont aérien au-dessus d’une mer émeraude sous un ciel bleu sans nuages. Tenir fort la bride de mon sac. M’interdire de m’approcher comme je m’interdirai d’approcher du bord d’une falaise de peur que le vide me happe. Être partagée entre l’envie de m’approcher de la rambarde pour prendre Continuer la lecture#anthologie #01 | Consulat

#anthologie #01 | Drôle d’endroit pour un musée

Centre Bourse, Marseille. Rien d’autre comme adresse. Frôler sans les voir les vitrines à peine allumées du centre commercial, prendre l’escalier mécanique comme pour descendre au parking. Drôle d’endroit pour un musée. S’arrêter avant le sous-sol, au premier palier, saluer par la vitre sale le niveau du sol de jadis, saluer aussi les pierres mises au jour par le raclage Continuer la lecture#anthologie #01 | Drôle d’endroit pour un musée

#anthologie #01 | sac, cartable et infinitif.

Cinq minutes en voiture, selon le téléphone. Ne pas savoir l’heure de la sonnerie. Des sonneries. Peut-être 7h50 pour la première et 8h pour la seconde. Un doute toutefois. Vingt ans que dure ce doute. Indifférence. Se dire pourtant à chaque rentrée que cette année-ci. Oublier. Traîner. Et puis accélérer. Ramasser cartable, sac. Claquer la porte. Partir en courant. La Continuer la lecture#anthologie #01 | sac, cartable et infinitif.

#anthologie #01 | maison d’accueil

Fermer les yeux, ouvrir les yeux. Éteindre le moteur, penser au sas, chercher le sas, oublier de respirer, ne pas trouver le sas. S’accrocher au souvenir de l’enthousiasme, sortir de la voiture. Longer les haies, rangées de laurier-rose, empêcher les murs de s’offrir à la fatigue. Passer la porte les yeux dans le lino. Avancer dans le couloir les pensées Continuer la lecture#anthologie #01 | maison d’accueil

#anthologie #prologue | du je au nous

Au départ, je n’étais qu’une cellule. Puis deux, puis quatre. Huit. Seize.  J’ai eu une tête. J’ai eu des bras. Des jambes. Des mains. Des doigts. J’ai remué. J’ai sucé mon pouce. J’ai dormi. J’ai donné des coups de pied. J’ai entendu des voix. J’ai appris des goûts. J’ai dormi. J’ai flotté. Je t’ai donné des coups de pieds. J’ai Continuer la lecture#anthologie #prologue | du je au nous

#anthologie #02 | un corps tordu aux paupières closes

à travers ses paupières mi-closes, elle se voit dans le miroir en tournant la tête sur le côté depuis le lit placé au centre de la pièce, c’est original un lit placé comme ça, loin des murs comme une table, elle ferme les yeux, elle se verrait alors depuis le miroir, elle se verrait en plein milieu des lieux, posée Continuer la lecture#anthologie #02 | un corps tordu aux paupières closes

#anthologie #prologue | tout et son contraire

Je suis né entre deux. J’ai pleuré, j’ai aimé. Et souvent son contraire. J’ai appris à parler, j’ai appris à me taire. J’ai appris à prendre et à laisser, à dire tout et son contraire suivant ce qu’on attendait de moi. J’ai cru, puis j’ai été déçu. J’ai tendu des axes sur une carte, je m’y suis déplacé sans objectif Continuer la lecture#anthologie #prologue | tout et son contraire

#anthologie | lieu de transit

# 0 – Prologue # 1 – Infinitif # 2 – La nef # 3 – La bonbonne d’eau # 4 – Habiter # 5 – Pousser le corps devant soi # 6 – Seule # 7 – Lumière # 8 – Paradis perdu # 9 – Coup de tête # 10 – Seul # 11 – Un retour dans Continuer la lecture#anthologie | lieu de transit