#gestes&usages #01 | blanc

À cause de la couleur de la neige que je voyais au loin découper l’horizon de ces trous dans l’espace derrière lesquels je retrouvais le mur du plafond de ma chambre d’enfant aussi immaculé que l’était mon absence de ce monde que je ne comprenais pas mais la masse sombre du tapis des forêts mais la musique s’échappant du magnétophone Continuer la lecture#gestes&usages #01 | blanc

#gestes&usages #01 | rien ne se panse

A cause de la douleur de sa disparition, de l’incompréhension brutale qu’elle entraîne, de l’absence injuste qu’elle installe, le monde n’est plus qu’un puzzle de fragments découpés mis sous verre, un mur d’images déchirées dont les collages ne livrent aucun sens et dont les couleurs n’existent plus. Mais il y a les odeurs qui demeurent. Il y a l’odeur résistante, Continuer la lecture#gestes&usages #01 | rien ne se panse

#gestes&usages #01 | Les ongles de la vieille

À cause de la couleur de ses ongles, éternellement rouges, on ne parvient pas à l’imaginer dans un cercueil sombre. Même au crépuscule de sa vie elle continue, inlassablement, maladroitement certes, de plus en plus gauchement, oui, sans doute, mais elle continue. Un rouge sans nuances, plein, ne tirant ni sur le rose- horreur, jamais elle n’aurait accepté- ni sur Continuer la lecture#gestes&usages #01 | Les ongles de la vieille

#Gestes&Usages #01 | Rivages

A cause de la couleur des oignons roussis, de l’huile rouge des poissons nasses frits, du nacré des conques de lambis, de l’eau sombre au bord du quai, du fond noir de la piscine d’eau de source et des lapias qui faisaient l’attraction du Vieux-Bourg, je vois mon enfance comme une mer à traverser.  Mais il y avait des rivages. Continuer la lecture#Gestes&Usages #01 | Rivages

autobiographie #02 | les gens autour et ailleurs

On l’appelle l’Ermite, entre gens de la place. L’Ermite, corps légèrement voûté, mains croisées dans le dos, fait les cent pas en attendant qu’ouvre le Petit square ou la cave à vin, en face. Parfois le matin, à huit heures déjà, assis sur le banc de pierre, il croise ses longues jambes et demeure pensif. La vitrine du magasin d’artisanat Continuer la lectureautobiographie #02 | les gens autour et ailleurs

En attendant… les vacances | #enfances #lire&dire #hors-série

23122023 || En attendant… je n’oublie pas le Mur de la maison sous l’espèce du biotope. Le crépi projeté fin comme un désert de dunes, un paysage de lune. Essayons une autre dimension. Changeons d’espace, de temps. || En attendant… le nez dans le dernier Nasio. Dix histoires de vie, de souffrance et d’amour. Où je retiens d’abord ce mot Continuer la lectureEn attendant… les vacances | #enfances #lire&dire #hors-série

#autobiographies #01 | Une maison dans la ville

Accrocher aux branches du pommier le Iinge humide, juste défroissé, frais encore du rinçage à l’eau froide. La robe se gonfle à la brise, corps dansant parmi les feuilles, blanche sur vert. L’émotion sur ton visage, un fin sourire. Un rappel. Pommier séchoir, bras et mains recréant une histoire ancienne, passé surgissant dans le présent nouveau pour l’un et l’autre. Continuer la lecture#autobiographies #01 | Une maison dans la ville

#enfances #08 | Marx, le mortier et la petite robe blanche

Je ne sais pas jouer aux billes, pas bien, j’aime assez la couleur, il y a des noms différents, en fonction de la taille, en fonction des incrustations, les agate ça vaut rien, ça vous regarde pourtant même la nuit avec des yeux jaunes de chat, ça fait tic tic dans le sac, tic tic tic, les billes cliquètent, j’apprends Continuer la lecture#enfances #08 | Marx, le mortier et la petite robe blanche

#enfances #09 I Brique chaude pour chambre froide

Dans la pièce très froide, sans chauffage, une chambre sans fioriture, cuvette et broc d’un côté, leur céramique un peu ébréchée, armoire dans le fond, austère, droite, c’est là que le lit prend toute la place mais calé à gauche contre le mur. Le lit haut, ses montants effilés en bois foncé, et ses épaisseurs d’édredon qui masquent les draps Continuer la lecture#enfances #09 I Brique chaude pour chambre froide

#enfances #08 I Ma mère au sourire si doux

Ma mère est une personne sérieuse. Ma mère ne joue pas aux jeux de société. Tout au plus pendant les vacances d’été, le soir, après une journée de plage et de promenade, après le dîner simple de crudités ou de poissons frits que peut-être mon père a péchés (parce que les vacances, quand même, ce n’est pas fait pour passer Continuer la lecture#enfances #08 I Ma mère au sourire si doux