#enfances #00 | bamboche

C’est bamboche. Nous les enfants on se poursuit dans la forêt de jambes. On contourne les bosquets, on se faufile sous les flûtes et les mains animées, la tête engoncée dans nos habits propres. Mon frère porte des bretelles et une coupe hérisson. Moi, un ensemble à volants cousu par ma mère et des sandales neuves un peu trop grandes. Continuer la lecture#enfances #00 | bamboche

#enfances #00 | Prologue Meaulnes.

Perdue dans ce grand parc, pas trop encore, je les entends en bas et je monte la pente jusqu’à la lisière des arbres touffus où tout est calme et ordonné, pourtant une sourde angoisse la prend par surprise, là où elle trouvait du bonheur à marcher, elle se fige le silence devient trop lourd, elle ne reconnaît rien, juste elle Continuer la lecture#enfances #00 | Prologue Meaulnes.

#enfances #00 | se perdre pour qu’on la trouve

Léa ne rentre pas chez elle ce soir. Sur le chemin du retour, elle fait le tour du lac avec son vélo. C’est le début de l’automne, elle rentre des cours, l’année scolaire est entamée. Elle fend l’air humide et frais. Le trop plein qu’elle cache dans son cœur dissipe sa tension à la cadence des coups de pédale.    Continuer la lecture#enfances #00 | se perdre pour qu’on la trouve

#enfances #00 | pas si grande

Non, pas tout à fait noire la nuit. Non, pas de raison d’avoir peur. Une nuit nourrie d’une vague luminosité qui déforme, agrandit les végétaux, les murs ou piquets de jardin, qui effleure le sol irrégulièrement, qui y creuse des trous noirs là où il n’y en avait pas. Une nuit de lumière sombre qui brouille les formes et le Continuer la lecture#enfances #00 | pas si grande

#été2023 #09 I parc-gare-monument aux morts

C’est un jardin public, un parc – c’est le plateau des poètes – c’est le terrain de jeu de son enfance, sa première expérience initiatique de liberté. Petit portillon d’entrée en métal peint sur le côté, face à son immeuble. Juste la rue à traverser, rue peu fréquentée par les voitures parce que plutôt étroite. Accueil sur une petite place Continuer la lecture#été2023 #09 I parc-gare-monument aux morts

#été2023 #08 | Iris 8-1

Gueules d’iris barbus, noirs, bleus nuit, bruns aux mâchoires jaunes. Les fleurs se détachent comme mises en avant, extraites du fond vert, flou, du petit tableau (25 x 25 cm). Elles sont peintes avec un mélange de réalisme et de stylisation qui est la façon de Mirna. Cette nouvelle série comporte la particularité de suggérer une sorte de monstruosité voire de dangerosité des fleurs (cependant fort belles) Continuer la lecture#été2023 #08 | Iris 8-1

#Été2023 #05-bis | John, John, John, John

John, c’est celui que les autres utilisent systématiquement comme bouc émissaire, juste à cause de son prénom, ils l’appellent l’Angliche. Les enfants sont cruels entre eux. Je suis souvent obligée de me fâcher pour remettre un peu d’humanité dans leur comportement. J’en suis désolée pour votre fils, mais lui ne se défend pas, il s’isole, se referme. Alors ça énerve Continuer la lecture#Été2023 #05-bis | John, John, John, John

#été2023 #05bis | ce que je sais de cette vie-là

De Paulette, je sais le désir d’être aimée, plus fort que l’envie d’aimer à son tour ; la force de refouler les souvenirs de souffrance pour en faire des confettis éparpillés dans le lointain, semés au fil des voyages – Rouen, Strasbourg, München, Berg-am-Leim, Paris, Lyon, Ile de Ré, Annecy, Genève, je ferai le compte plus tard de tous les Continuer la lecture#été2023 #05bis | ce que je sais de cette vie-là

#été2023 #04 | de la maison rouge à la plage

De la maison rouge à la plage, il faut compter un kilomètre peut-être. C’est toujours trop long pour ses pas d’enfant, impatiente de rejoindre le sable, l’écume, les vagues et les surprises de la marée. La grand-mère et la grand-tante sous leurs chapeaux fleuris tiennent l’arrière-grand-mère chacune par un bras et c’est elle, leur mère, qui donne le rythme à Continuer la lecture#été2023 #04 | de la maison rouge à la plage

#Outils du roman #02 Féfé

Du dehors Tonton Odilon faisait preuve de cruauté. Le chaton miaulait de terreur dans les tiges d’Atoumo. Guylaine était allée chercher un sabre pour couper l’entrelacs de branches et libérer le chaton apeuré de la prison où il s’était réfugié par peur du chien qui gardait la maison. Tonton Odilon lui avait hurlé : personne ne touche mon sabre. On Continuer la lecture#Outils du roman #02 Féfé