"Après le livre" en librairie ce jeudi

au Seuil la version imprimée, sur publie.net la version numérique, et livraison dédicacée dès jeudi si vous commandez sur Bibliosurf d’ici mardi.


Voici donc aux éditions du Seuil, dûment imprimé à Condé-sur-Noireau avec le label Imprim’Vert, les 275 pages d’Après le livre aux éditions du Seuil, parution ce jeudi 22 septembre.

En gros, ce qui s’est passé : malgré une réflexion continue sur ce qui touche à la mutation numérique du livre (ayant commencé à publier en 1982 comment on n’aurait pas eu l’idée que cet écosystème lire/écrire/publier n’était pas pérenne ?) sur ce site, dans chaque intervention orale je me sentais dépassé – tout bougeait, le contexte, nos usages...

J’ai trouvé mon terrain peu à peu : il me semblait qu’on avait d’abord à penser la mutation même. Ne pas tenter d’être prédictible ou d’en faire synthèse ou prescription. Pour cela, revenir à ce nombre très restreint des précédentes mutations de l’écrit (ou du lire/écrire/publier) et voir ce qui pouvait advenir de chacun de ces paramètres dans le bouleversement en cours.

C’est aussi ce que j’ai progressivement tenté de faire lorsque j’avais l’occasion de m’exprimer en public, par exemple devant l’ANEL (groupement des éditeurs québécois) en septembre 2009 [1], où il me semble pouvoir dater ce qui constitue désormais cet Après le livre.

L’hiver dernier, avec l’arrivée de l’iPad, il m’a semblé qu’une nouvelle configuration s’amorçait – non pas une stabilité, mais l’effectif appui possible sur une réalité de la lecture numérique. Un processus en accélération : mutation qui depuis longtemps pouvait être perçue comme irréversible, mais dont les effets seraient beaucoup plus massifs et rapides qu’on pouvait l’imaginer 2 ans en amont.

Dans la mesure où tous ces éléments partiels que je convoquais dans mes interventions ou cours tendaient à se stabiliser, j’ai tenté de les suivre chacun, sans chercher pour autant à les rassembler. L’occasion évidemment d’approfondir, vérifier, découvrir.

Ceux qui me suivent ici savent qu’à partir de novembre, chacune de ces incises sont venues s’assembler ici dans une rubrique à part. Au moins de février, je proposais un autre type d’accompagnement : Après le livre devenait un livre numérique, avec le contrat que chacun de ceux qui l’avaient téléchargé bénéficiaient évidemment des mises à jour. C’est ce processus même qui me permettait, de mon côté, de radicaliser, mettre au point, lisser. La version actuellement en ligne, datant de juillet, est la septième : le chantier du livre a été dès cet étape un partage – les retours lecteur induisant tant de nouvelles précisions, remises en cause, ou élargissement du contexte.

Un des critères qui m’apparaît désormais le plus essentiel du livre numérique : ces possibilités de déplacer le processus que la lourde technique du livre imprimé contraignait à séparer.

Fin mai, je remettais à Olivier Bétourné (mon éditeur depuis bientôt 12 ans et toute la trilogie rock, plus la méthode ateliers d’écriture, Daewoo etc.) la version stabilisée de l’ensemble. Les éditions du Seuil acceptaient d’autre part que je conserve les droits numériques de l’ouvrage, et donc sa diffusion – qui restera évolutive – sur publie.net. La lecture numérique est encore un fait minoritaire en France, malgré le taux désormais rapide de la progression d’équipement, y compris tant de d’auteurs ou chercheurs que je considère comme des proches, manière de leur donner de mes nouvelles. Mais, si le Seuil n’avait pas accepté ce partage, je crois que j’aurais aisément renoncé à la version imprimée : à tort, puisque m’attendait une autre surprise... Alors qu’on parle si souvent de livre homothétique (le livre numérique à l’image du livre imprimé), le Seuil me propose une très belle maquette, au format exact de l’écran iPad, et dans laquelle la proposition graphique de la version publie.net a servi de base : livre homothétique, mais dans le sens du numérique vers l’imprimé, précieux au moment où nous-mêmes, à publie.net, nous engageons vers une double formule numérique et Print on Demand.

En tout cas, dès jeudi dans votre librairie habituelle... ou directement dans votre boîte aux lettres via le libraire partenaire de publie.net, Bibliosurf.com (et même on peut vous le signer, si vous le réservez avant mardi midi).

Défi pour moi de passer à l’étape suivante : je l’ai perçu lors de mon intervention au CLEO ce vendredi : refaire le chantier de recherche, n’étant pas un spécialiste du service après-vente – étrangeté pour soi-même que ce qu’on a mis dans un livre se retire de vous-même, pas envie de le redire – une des raisons pour lesquelles je préfère limiter au maximum les invitations discursives, préférant être invité avec le violon de Dominique Pifarély (et celui qui en joue) sur la seule instance qui compte : l’écriture même. L’invitation à Louvain-la-Neuve (où je serai dès ce même jeudi 22 pour préparer) sera l’occasion de 4 conférences qui devraient m’autoriser progressivement de reprendre pied dans cette approche, en la tissant selon d’autres tenseurs.

Le livre comporte à sa fin une page de remerciements, je la sais évidemment non exhaustive.

[1Je laisse en ligne sur Tiers Livre cette intervention qui pour moi a été le départ, merci à Clément Laberge. Encore antérieurement, lire Si la littérature peut mordre encore, intervention dans n° spécial des Cahiers du Syndicat de la librairie, ce titre ayant d’ailleurs été un des titres envisagés pour Après le livre.


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 18 septembre 2011
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