A propos de Caroline Diaz

Née un 1er janvier à Alger, enfant voyageuse malgré moi. Formée à la couleur et au motif, plusieurs participations à la revue D’ici là. Je commence à écrire en 2018 en menant un travail à partir de photographies de mon père disparu, aujourd'hui c'est un livre, Comanche. https://lesheurescreuses.net/

hors-série #impératif | rompez nuages

rompez nuages rompez le poids de l’air d’averses tièdes. rompez les bombes. rompez le fer l’acier le sang. rompez. aveuglez-moi. videz la nuit. traversez le miroir. hantez-moi de douceur. venez venez. venez voir. sortez de dessous les pierres. riez incrédules. riez les morts. riez avec nous, rions amers, ensemble. rompez. rendez-vous les morts. pointez vos cœurs ouvrez les mains donnez-nous Continuer la lecturehors-série #impératif | rompez nuages

vers un écrire/film #02 | sur ses joues comme des larmes

il se baigne | son visage | l’eau autour | le bleu étincelant | un bleu d’été | le ciel on ne le voit pas | on s’approche de son visage | il sourit | sa pensée à voix haute | ce qu’il lui reste à faire | les ondulations de l’eau | le mouvement du corps dans l’eau | Continuer la lecturevers un écrire/film #02 | sur ses joues comme des larmes

vers un écrire/film #01 | le milieu de la nuit

C’est l’été, le milieu de la nuit. Pays de campagne à découvert. Lune basse à l’horizon de la plaine. Au carrefour de deux petites routes il y a des champs, au milieu une ferme. Tout est calme, silencieux, de ces silences d’avant tempête. L’air fixe, chaud, s’anime parfois d’un bruissement flou. C’est un été de canicule. La chaleur s’insinue partout. Continuer la lecturevers un écrire/film #01 | le milieu de la nuit

autobiographies #06 | c’était novembre

C’était d’abord rejoindre le port de la Joliette depuis la gare Saint Charles, la nuit, c’était novembre et la nuit tombait vite, c’était se souvenir d’instinct du chemin à suivre, elle avait pris une bonne avance pour rejoindre le port, déjà le Danielle Casanova dressait sa silhouette imposante, on aurait dit un immeuble scintillant posé sur l’eau lourde et noire, Continuer la lectureautobiographies #06 | c’était novembre

autobiographies #03 | nous les arbres

Nous les arbres, nous les pins secs ombrons le sol sablonneux, nos aiguilles s’épandent en champs tièdes et immobiles sous l’air menaçant, l’éclat brut du jour perfore nos cimes, se pose en taches claires à nos pieds, illumine en dansant le piétement métallique d’une table de camping, un terrain de pétanque improvisé, le front d’une fillette alignant les pelotes de Continuer la lectureautobiographies #03 | nous les arbres

autobiographies #01 | frontière dans la nuit

L’appartement faisait face à la mer, au niveau du port de plaisance. Baies vitrées sur chantier. Se rejouait peut-être un même paysage, le bleu du ciel, la jetée. Un temps trop court, ou l’absence, tout est flou. Il devait bien pourtant y avoir la mer, l’horizon, l’Elbe déjà. Sa lutte quotidienne contre le sable gris qui passe par les interstices, Continuer la lectureautobiographies #01 | frontière dans la nuit

#P12 | jours manqués

1 le jour où tu m’as caressé la joue de l’index pour la première fois 2 où nous avons survolé le désert de Tiaret dans un Piper Twin comanche 3 où tu m’as donné un petit nom qui disait comme souvent j’étais dans la lune 4 où tu as voulu faire mon portrait en noir et blanc pour l’envoyer à Continuer la lecture#P12 | jours manqués

#L12 | grammaire sommaire

Arriver c’est revenir, se charger d’impatience.Grammaire sommaire. Brève, sèche, sans pronom, quatre verbes et l’impatience, une virgule : reprendre son souffle à la hâte. Presque une symétrie. Une phrase retenue, la peur des débordements à l’œuvre, une phrase lapidaire, l’émotion — à peine — contenue dans l’impatience. Arriver c’est revenir, se charger d’impatience. Comment se serait ouvert le texte si je Continuer la lecture#L12 | grammaire sommaire

#P11 | avec toi dans la nuit

Montagne. Durant tout le jour, la lumière blanche, la chaleur impitoyable avaient exaspéré le ciel, le bleu n’existait plus. La main posée sur la tête du robinet elle laisse couler un mince filet d’eau dans le lavabo pour stimuler la fillette, mais la présence de sa grand-mère dont elle sent toute l’attention dans l’intimité de la salle de bain tétanise Continuer la lecture#P11 | avec toi dans la nuit

#P 10 | un truc de famille

Un soir de décembre, la petite reçoit un message de son frère : J’ai eu un coup de fil d’H.… dans le genre je tourne autour du pot, ou plutôt du cercueil… Je fais court : « M est fatiguée, un jour j’y passerai, vous pourriez m’aider à agrandir le caveau, ou alors transférer le corps de votre mère près Continuer la lecture#P 10 | un truc de famille