Frises

Dans la chambre d’un migrant, le radiateur décelé qui menace de tomber et l’hôtelier donnant un énorme coup de pied dedans l’enfonçant dans le mur moisi. Merci. Dans l’appartement bourgeois, l’armoire à glace qui sert de tête de lit et dans laquelle dansent encore les habits du mort. Insomnie. Une peau de bête à poils blancs/bruns comme couverture. Ca gratte Continuer la lectureFrises

#P1 | Tout à vrac

Dans la nuit des Antipodes où vocalise l’endémique gecko. Entre le jour et la nuit de la forêt primaire où des herbes fumées font tout revoir des gestes passés devenus étranges. Dans le dortoir du petit séminaire où lire caché sous les draps n’exige pas de confessions. Dans la chambre sordide d’un hôtel de la porte du sud où tout, Continuer la lecture#P1 | Tout à vrac

#L1-Elle arrive quelque part par la gare

Elle arrive quelque part par la gare. Elle ne sort pas de suite. Elle reste d’abord sur le quai. Elle pose son sac à dos à ses pieds, garde sa besace en travers et son sac à main coincé entre le flanc et le coude, main agrippée à la bandoulière. Elle laisse partir le train. Elle le regarde partir. Dans Continuer la lecture#L1-Elle arrive quelque part par la gare

L’eau et tu danses

Le paysage du corps s’ouvre, glisse, le bras va chercher loin, la jambe s’allonge, souffle entre inspire et expire, variations régulières, infinies, tu pénètres dans ton rythme, ton rythme du jour avec ta force ou ta fatigue du jour, sous toi la masse compacte qui te porte, tu goûtes le bleu, le sel, ta pensée vogue, sensations brèves ou tenaces, Continuer la lectureL’eau et tu danses

Il arrive avec son sac en bandoulière.

Il essaye de s’installer dans les odeurs du lieu, elles ne sont plus exactement les mêmes. Il hume si fort qu’il parvient à peine à transpercer le pesant renfermé qui masque ce qu’il cherche à retrouver en rentrant là, à nouveau, après toutes ces années. Son sac en bandoulière détonne, petite tâche de couleurs vives qui fait irruption dans la Continuer la lectureIl arrive avec son sac en bandoulière.

LeÇon

Cyanea Lamarckii, Charles-Alexandre Lesueur, 1804-1810 Il le prend et il le jette. Vol plané cœur figé miroitement bleu blanc la boule au ventre. Contact. Déchirement de l’onde frais silence subaquatique. Facile remontée merci Archimède. Oscillations en surface. Tiré au fond panique de l’abysse. Gesticulations effrénées battements désarticulés frêle corps animal englué. À peine à flot. Le maître fait danser la barre. Continuer la lectureLeÇon

Bulles

Mon souffle sous l’eau éclate en chapelets de bulles à mon oreille. A chaque expiration, le bleu de la piscine engloutit la cascade d’air. Rythme appuyé du corps qui se tend bras en avant, tête entre les bras, la transe s’installe et étire le plaisir liquide. Zambullir, ce mot espagnol qui veut dire immerger, plonger, cogne à mon cerveau. Zambullir… Continuer la lectureBulles

Eau de scène(4)

Il y a un robinet sur le côté gauche de la scène. À jardin. Un robinet perché sur un tube de métal. Comme une arrivée d’eau de cour ou de jardin à laquelle on branche les tuyaux d’arrosage. C’est l’enfant du deuxième rang qui le remarque.  Il n’écoute pas les acteurs, tous ces mots qu’ils disent dans leurs  voix tordues. Continuer la lectureEau de scène(4)

Où le chêne s’abreuve

Dans le désert il n’y a pas d’eau et pourtant le chêne est immense, c’est étrange, immense et touffu. Le chêne du quartier aussi est immense -ne dites pas que c’est un platane, pour la petite fille c’est un chêne- mais là il y a de l’eau, déjà il pleut et puis il y a les bouches d’extincteurs qui explosent Continuer la lectureOù le chêne s’abreuve

L’eau contenant et les contenants de l’eau.

L’eau ceint le bébé en dedans comme au dehors. Il baigne dans l’eau d’une mère qui marche sur la terre. L’eau ceint la terre en dessous comme au dessus. Autour de la terre il y a l’espace, dans l’espace il y a l’eau. L’eau coule vers les nuages et se déverse d’eux. La terre boit l’eau qui ensuite coule vers Continuer la lectureL’eau contenant et les contenants de l’eau.