#anthologie #06 | Deux, seuls

En point de mire, le Boucornine (dont il ignorerait toujours le nom) et comme seule musique (il n’avait pas récupéré son mp4 et ses chansons favorites du moment) le son sourd de ses pas dans la torpeur de la fin de matinée, lui-même écrasé par l’aveu de la veille et anéanti déjà par ce qu’il avait déclenché ; derrière lui, Continuer la lecture#anthologie #06 | Deux, seuls→

# Anthologie. # 05 | Esseulé.

Je suis encore affalé dans le canapé à ne rien faire. je vais manger la soupe et après télé. Quand je suis comme ça, je me mets à penser à la fuite, au départ. Et après j’ai honte, je ne me reconnais pas. je voudrais être dégagé, mais dégagé de quoi, d’une nostalgie toujours là. Je n’en ai jamais parlé, Continuer la lecture# Anthologie. # 05 | Esseulé.→

#anthologie #02 | Ce n’est pas possible.

Il est au milieu du pont c’est chez lui il est au milieu d’une flaque d’eau il pleut il semble marmonner et au-dessus du sourcil gauche le sang coule il a une tête on dirait d’étranger mais pas tant que ça il est un peu recroquevillé sur lui-même c’est la nuit une nuit brillante mais ciel noir à sa droite Continuer la lecture#anthologie #02 | Ce n’est pas possible.→

#anthologie #prologue | Grand Almira

Marcher du Grand Almira hôtel au restaurant où le serveur me reconnaît et me salue. Aujourd’hui, avec un grand sourire, il me montre sur la carte le plat que j’ai pris hier. Me réjouir. Dans cette ville de 20 millions d’habitants, un deuxième visage est en train de devenir familier. Le premier est celui de l’agent d’accueil du Grand Almira Continuer la lecture#anthologie #prologue | Grand Almira→

#écopoétique #01 #02 | la nature des choses

1 – silences 2 – transfert d’intimité 2 – transfert d’intimité À l’ombre des micocouliers, le trottoir pourrait avoir quelque chose d’accueillant. Sur une marche d’escalier, les enfants ont posé les bouteilles remplies de la limonade qu’ils ont fabriquée, quelques verres en plastique blanc, une feuille annonce au stylo-feutre « 1 euro le verre », une boite de biscuits. Des portes sans Continuer la lecture#écopoétique #01 #02 | la nature des choses→

#_04 outils du roman | ton dur vs ton doux ? un ton sur deux, je n’ai pas trouvé l’autre

La jeune fille est seule, assise sur le lit de la chambre d’hôtel. Elle a le regard perdu face à une fenêtre, les yeux rivés vers le ciel, cherchant dans les nuages la confirmation qu’elle a fait le bon choix. Elle n’a pas souhaité l’accompagner à l’extérieur. Elle avait besoin de se poser, de réfléchir, de ralentir toutes ces pensées. Continuer la lecture#_04 outils du roman | ton dur vs ton doux ? un ton sur deux, je n’ai pas trouvé l’autre→

#été2023 #10bis | Confessions croisées

« Dans sa table de nuit, elle a caché une lettre dont elle seule connaît le contenu. soupire encore. » Marie s’ennuie de plus en plus, entre deux oublis. Pourquoi tout ce temps perdu ? Le café n’a plus de goût ni de couleur, les pâtisseries sont fades et répétitives comme son reste d’existence. Elle ne souhaite rien de plus que s’effacer Continuer la lecture#été2023 #10bis | Confessions croisées→

#Été2023 #05-bis | John, John, John, John

John, c’est celui que les autres utilisent systématiquement comme bouc émissaire, juste à cause de son prénom, ils l’appellent l’Angliche. Les enfants sont cruels entre eux. Je suis souvent obligée de me fâcher pour remettre un peu d’humanité dans leur comportement. J’en suis désolée pour votre fils, mais lui ne se défend pas, il s’isole, se referme. Alors ça énerve Continuer la lecture#Été2023 #05-bis | John, John, John, John→

#été2023 #05bis | ce que je sais de cette vie-là

De Paulette, je sais le désir d’être aimée, plus fort que l’envie d’aimer à son tour ; la force de refouler les souvenirs de souffrance pour en faire des confettis éparpillés dans le lointain, semés au fil des voyages – Rouen, Strasbourg, München, Berg-am-Leim, Paris, Lyon, Ile de Ré, Annecy, Genève, je ferai le compte plus tard de tous les Continuer la lecture#été2023 #05bis | ce que je sais de cette vie-là→

#été2023 #01 | fenêtre intérieure

La solitude, voilà ce qu’elle ressent à ce moment-là au creux des plis de son corps. Un être solitaire, c’est ce qu’elle pense être devenue. Chez elle ou ailleurs, surtout à l’intérieur d’elle-même, elle l’emporte partout ce sentiment, il l’habite au quotidien, voyage avec elle. Aujourd’hui, le regard tendu vers l’horizon, elle en perçoit tout le poids. Et pendant ce Continuer la lecture#été2023 #01 | fenêtre intérieure→