le livre comme fiction #06 (2) I Un livre ça ne devrait jamais finir

Un livre ça ne devrait jamais finir, comme les illustrés fabriqués par le frère et cousus main, qu’elle découvrait chaque samedi matin en rentrant de l’école sous son oreiller et qu’elle dévorait aussitôt, même si c’était l’heure de manger et durant sept jours elle les relisait, décortiquant chaque planche de BD, s’émerveillant de détails découverts à chaque nouvelle lecture, en Continuer la lecturele livre comme fiction #06 (2) I Un livre ça ne devrait jamais finir

le livre comme fiction #06 (1) I Pourquoi je n’ai jamais réussi à lire Jules Verne

Ils disaient  :  touche pas aux livres de ton frère, ce sont des livres pour garçons. Je regardais les quelques Jules Verne alignés derrière la porte vitrée de la petite bibliothèque en bois sombre posée contre le mur granité qui courait jusqu’à l’immense fenêtre orientée nord – toujours froide même en été – avec derrière, en contrebas,  le pré de Monmon Continuer la lecturele livre comme fiction #06 (1) I Pourquoi je n’ai jamais réussi à lire Jules Verne

#le livre comme fiction #06 |Le goût de vivre

Deux. De l’enfance dans sa bibliothèque il ne reste que deux livres. Le Petit Prince et Premier livre de poésie. Sa mère, toujours à l’affut des dernières nouveautés, avait dû acheter ce recueil illustré grand format au moment de sa parution, octobre 1987. La petite avait onze ans. Le bon âge pour se glisser dans la peau du poète qui Continuer la lecture#le livre comme fiction #06 |Le goût de vivre

# le livre comme fiction #06 | A.Ernaux, dis, invente-moi une histoire 

 J’ai appris que j’avais été une enfant en inventant des histoires pour ma fille. Avant cela l’enfance était derrière moi un paysage traversé de nuit. Je connaissais les faits. Je pouvais nommer les maisons, les écoles, je connaissais l’odeur de la craie, d’un manteau rouge, d’un jardin, et je croyais que les livres poussaient comme les arbres ou les nuages. Continuer la lecture# le livre comme fiction #06 | A.Ernaux, dis, invente-moi une histoire 

#livre #05 | Cent sur cent

Les boîtes à livres sont vides, plus empilées que rangées sur une des tables du fond de la salle attenante à la bibliothèque. Plusieurs petites boîtes qui formaient un ensemble qu’on appelait la boîte à livres, même si les boîtes étaient plusieurs, elles formaient un ensemble. Elles étaient fixées sur le mur de ce qu’on appelait le futur commerce, à Continuer la lecture#livre #05 | Cent sur cent

# livre #06 | fiction

c’est peut-être que j’ai toujours eu sept ou huit ans de retard – en arrivant sur ce continent-ci – et depuis toujours (tu ne fais pas ton âge a-t-on coutume de m’envoyer) un peu comme ce pays-ci vis à vis de son allié d’outre-atlantique (les alliances se rompent, c’est vrai aussi) et son rêve illusoire et cauchemardesque – un peu Continuer la lecture# livre #06 | fiction

#livre #06 | de voix et de livre

D’abord on me raconte. Ou plutôt on me joue, me psalmodie, me chante. Je suis de maisons où l’on joue, jouait, avait joué, jouerait encore.. Mêmes vieilles leurs voix s’exclament se masquent et se démasquent. Les histoires prennent corps. D’abord la chèvre: le papé fait tonner l’histoire; la chèvre disparait dans le ventre du loup. Effroi. Sanglot. Vraies-fausses larmes du Continuer la lecture#livre #06 | de voix et de livre

#06 le livre comme fiction #06 | Des signes et des pistes

L’enfant, assis sur ses talons, se penchait sur le gros livre. Pas encore capable de lire le texte, il regardait les illustrations, surtout une, toujours la même. Il connaissait l’histoire, sa grand-mère la lui avait racontée. Une histoire qui faisait peur, à cause de la sorcière. Une sorcière qui engraissait les enfants pour les faire cuire et les manger. Hansel, Continuer la lecture#06 le livre comme fiction #06 | Des signes et des pistes

#livre #04 | des alcôves

Sous l’escalier, des cubes de mauvais bois, empilés les uns sur les autres, contenant l’enfance, en bibliothèque rose et verte, en BD, en albums jeunesse souples ou cartonnés, que plus aucun enfant ne lit, parcourus au moment d’une tentative de rangement, d’une envie « de faire le vide » puis reposés car on ne veut s’en séparer, trop de souvenirs, de paroles Continuer la lecture#livre #04 | des alcôves

#livre #06 | Rose-Oui

Rose se demande souvent d’où viennent ses personnages — êtres réels ou imaginaires, créatures fantômes aux multiples JE cachés. Leurs existences pourraient-elles se révéler au grand jour sur une page de livre avec en prime une trace d’elle quelque part ? Surviennent parfois chez Rose des échappées, des glissements de petite enfance difficile à saisir, tant ils sont fuyants et d’un autre Continuer la lecture#livre #06 | Rose-Oui