#L12 | quand les voix s’éteignent

Les voix s’éteignent en premier, elle arrive quelque part, phrases ritournelle, et leur faire rendre gorge, comme tordre un chiffon pour lui extraire la dernière goutte, jusqu’à ce que les voix s’éteignent et qu’elle arrive quelque part, être arrivée à la mer et ce n’avait pas été simple pour elle qui avait plutôt l’habitude de se laisser prendre en charge Continuer la lecture#L12 | quand les voix s’éteignent

#P12 | les côtes d’Erin

Les côtes d’Erin 1 Il lui faudrait un voyage, car ici, c’est un peu comme là-bas, il lui faut sans cesse des voyages, ces poches sont bourrées de papier tandis qu’il tente de rejoindre la côte, les côtes, peu importe, il lui faudrait un voyage, avancer avec cette pensée et la seule chose qui fait que son histoire avance, sans Continuer la lecture#P12 | les côtes d’Erin

#L12/ Écrire, une boucherie ?

Ton cœur je vais le bouffer, tes yeux les gober avant que les chiens t’arrachent la peau du ventre et que les gabians te récurent la carcasse. Un peu saignante ta phrase. Tu cherches cette force de percussion des mots brefs et familiers. Pareil pour ces infinitifs que tu souhaites tranchants : bouffer, gober, arracher, récurer. La dureté des « r » aussi ? Continuer la lecture#L12/ Écrire, une boucherie ?

#L8 | TE CHERCHER

TE CHERCHER tôt le matin quand les étals du marché se remplissent que les poissonniers disposent le corps inerte des poissons luisants sur des lits de glace et d’algues brunes TE CHERCHER avant que trop de monde n’afflue pour se ravitailler TE CHERCHER avant la chaleur étouffante TE CHERCHER dans l’allée des bouchers des volaillers des charcutiers proposant tripes et Continuer la lecture#L8 | TE CHERCHER

#P 10 | un truc de famille

Un soir de décembre, la petite reçoit un message de son frère : J’ai eu un coup de fil d’H.… dans le genre je tourne autour du pot, ou plutôt du cercueil… Je fais court : « M est fatiguée, un jour j’y passerai, vous pourriez m’aider à agrandir le caveau, ou alors transférer le corps de votre mère près Continuer la lecture#P 10 | un truc de famille

#L10 Ce qui ne se voit pas

Ce sentiment de honte, elle dit, c’est quelque chose dont on ne parle pas, c’est juste quelque chose qui pèse, le contraire d’un ventre de femme enceinte, qui est un poids dont on est fier, qu’on porte au-devant de soi, qui empêche la grâce et gène la marche, mais qui donne à celle qui le présente respectabilité, attire la mansuétude, Continuer la lecture#L10 Ce qui ne se voit pas

#Hors série 2 | récits de l’objet / Le matelas

Pour le repos quotidien du corps vivant. Ring pour l’amour, la douleur et l’agonie. Pour les rêves, les cauchemars et les angoisses aussi. Mais pour le repos éternel du corps mort, plus besoin de son moelleux et de sa souplesse. Ce lapsus de l’écrire avec le « t » du matelot. Soi dormeur chahuté par la nuit. Le vieux Littré pour vérifier Continuer la lecture#Hors série 2 | récits de l’objet / Le matelas

#P9 | L’énigme des visages

C’est une ancienne photographie en couleur, dont les teintes ont virées sépia avec le temps, elle a été découpée en minuscules morceaux, si on les compte on peut en dénombrer vingt-cinq, aux formes variées, déchiquetés en petits fragments tels des confettis de carnaval mais recomposés comme on le ferait avec les pièces d’un puzzle, sans doute parce que la photographie Continuer la lecture#P9 | L’énigme des visages

#P8 | Elle est signée de ton nom

Tu es la cadette du microcosme, longtemps. C’est ce qui fait ta singularité. Tu as le sentiment qu’une ligne est tracée. Qu’il est possible de s’en éloigner pour quelques pas, puis d’y revenir. De toute façon tu le sais bien, on t’appellera. Les regards toujours se tournent vers toi. Minuscule, tu fais tes premières nuits dans un lit bateau. Dans Continuer la lecture#P8 | Elle est signée de ton nom