A propos de Nathalie Holt

A commencé en peinture, a vécu de théâtre et d’opéra, des années de scénographie plus tard ne photographie pas que son lit, tient son journal en images, écrit et marche chaque jour a publié un peu pour aller au bout d’un geste ( Ils tombaient ) ( Averses) https://www.amazon.fr/stores/author/B09LD7R2KY . Écrit pour lire.

#construire #06 | l’instant d’écrire à la poussière le geste d’un souvenir

d’abord les chaussures, les lacets nœuds sur nœuds, s’y casser les ongles ; essayer de tirer la chaussure soudée au pied, le pied a gonflé de marcher ainsi dans la neige, de marcher ainsi dans la boue. Se raviser, partant du bas, déboutonner le manteau ; un Duffle-Coat, les boutons oblongs en plastique imitent le bois, rugosité, comme si l’écorce sous la Continuer la lecture#construire #06 | l’instant d’écrire à la poussière le geste d’un souvenir

#construire #05 (2) | à claire voix- jalousies

Éphélides de poussière en contre-jour. Porte fenêtre grand-ouverte mais jalousies. Souvenir de pas sur le gravier: œil se dessine une robe de fleurs pâles, c’est peut-être un tablier bleu qui passe. De grands platanes à claire-voie pèlent ; entre la chaise et le miroir ombres en jeu d’eau. Grillons, mouches, guêpes ; un chœur d’insectes fait front. Œil écoute et Continuer la lecture#construire #05 (2) | à claire voix- jalousies

#construire #05 | fenêtre en contre-jour

Grand rectangle de verre tanné ; attrape lumière comme attrape-rêves. Porosité du verre ancien. Vitre fatiguée aux saisons de pluies, de bruines, d’étés brûlants. Écran matière. Dehors ramené au plan : ciel à travers. Mur brique aveugle. Cheminées. Œil traverse. Battements d’ailes, nuages, passés au tamis des matières. Rester là voir. Bribes. Coulures. Poussières. S’absorber aux lueurs. Guetter l’instant. Non. Plutôt Continuer la lecture#construire #05 | fenêtre en contre-jour

#construire 04 | premier passage

tu descends il est presque 10h. Tu as le temps. Des gens sortent de la boulangerie d’à côté; tu n’as rien mangé, tu as peut-être faim. Il y a la queue devant la boulangerie : c’est dimanche, tu pourrais entrer pour qu’on te voie : est ce que déjà tu t’effaces. Tu t’attardes  à  la surface de la vitre, aux visages de l’autre côté Continuer la lecture#construire 04 | premier passage

#construire #03 | confusion

Il faisait beau; une fine couche de neige recouvrait l’herbe et les toits des bateaux. Des péniches pour la plupart avec leurs passerelles encombrées de bidons et de linge gelé. Les bateaux sur l’autre rive semblaient plus mystérieux, c’est l’aura de la distance j’imagine. Il faisait beau; l’eau était crasse, luisait par nappes comme gelée. Si quelqu’un était tombé à l’eau Continuer la lecture#construire #03 | confusion

#construire #2 (2) | les mortes

Les mortes de guerre, les mortes de guerre, les mortes de guerre, les mortes de faim, les mortes de soif, les mortes de froid, les mortes d’une balle dans la tête, les mortes au lance flammes, les mortes sous les bombes, les mortes à l’essence au briquet, les brûlées vives, les mortes à la machette, les mortes sous les coups, Continuer la lecture#construire #2 (2) | les mortes

#construire #02(1) | matières automatiques

les rêves de janvier, les rêves de février, ceux de mars ; les rêves d’hiver et c’est l’aube déjà ; les rêves de fièvre, les rêves d’énurésie, les rêves d’insomnie; les rêves d’avril, les rêves de mai, ceux de juin à l’éclosion des roses;  les rêves de nuit, les rêves de jour ; les rêves du jour le plus long; les rêveries Continuer la lecture#construire #02(1) | matières automatiques

#construire #01(1) | Or la neige — un début

Ça a débuté ainsi. Je vous le livre en secret. Et la neige est tombée. Or la neige. Comme dans le livre, la neige. J’ai pris le livre comme j’aurais pris la main de quelqu’un, même inconnu, dans une rue, en confiance, portée par une intuition j’imagine. Ce livre que je venais de lire, même de relire, à quelques années d’écart Continuer la lecture#construire #01(1) | Or la neige — un début

# COMMENCEMENT # 1(3) | comment recommencer

C’est peut-être ça le début de l’histoire… On allait. On jouait à saute-mouton tête renversée dans le sable, à qui courrait le plus loin par-dessus les nuages, ces chimères plus rapides que des oiseaux de mer. Retenant notre respiration on était, en plongeant, des mammifères marins ou, des Indiens. Et s’ensevelir, avec une paille pour respirer, faire la morte assez Continuer la lecture# COMMENCEMENT # 1(3) | comment recommencer

#COMMENCEMENT #01(2) | c’est quand le début

Ça avait toujours déjà commencé. Une succession de commencements en plusieurs âges – ou périodes : vers cinq ans, écrire en s’appliquant : écrire et dessiner même joie et même combat – rêveries de copiste–, sens et musique des mots par le canal de l’encre qui fauche. Avant dix ans les poésies du journal à trois mains sous l’impulsion de l’oncle Continuer la lecture#COMMENCEMENT #01(2) | c’est quand le début