dialogue #04 | vous, elles

Vous vous relèverez la nuit pour entendre son souffle, guetter un mouvement du corps, une exhalation vous suffira ou un tressaillement infime d’un bras ou de la tête, encore faut-il le percevoir tant est faible la lumière hésitante à se faufiler par l’interstice des rideaux soigneusement tirés plus tôt juste avant la berceuse du soir, mais non vous n’aurez pas Continuer la lecturedialogue #04 | vous, elles

vers un écrire/film #01 | confidence

l’enfant Doria — fille de Mermel — a franchi les remparts, elle cherche des petites choses à enfiler pour faire des colliers, elle pense que sur le talus là-bas en marchant vers la forêt la neige sera moins épaisse et qu’elle y trouvera des graines enfouies, elle avance et soudain elle les voit, elle les reconnaît tout de suite même Continuer la lecturevers un écrire/film #01 | confidence

Vers un écrire/film #6 : Hercule furieux au ralenti

L’homme s’arrête d’un coup, le mouvement reste en suspens. Pour franchir le seuil de la folie, il n’y a qu’un seul pas, un pas qu’il peut retenir, un mouvement qu’il peut contenir. Un instant, il hésite, lutte contre les ténèbres qui l’envahissent. Il veut dissiper les brumes qui obscurcissent son esprit. La jambe droite à peine levée retombe. Flash. Les Continuer la lectureVers un écrire/film #6 : Hercule furieux au ralenti

autobiographies #15 | le Paranoïkot

« Et Bloom, entre-temps, promène son regard et place mentalement la ponctuation appropriée dans l’architecture qui l’entoure. Des virgules en guise de brèves séparations entre deux espaces, un point final en guise de séparation plus marquée, deux points sur la porte qui s’ouvre sur de nouvelles perspectives. » ( : Gonçalo M. Tavares  Un voyage en Inde : ) En septembre 1975, quelques étudiant-e-s en psychologie Continuer la lectureautobiographies #15 | le Paranoïkot

autobiographies #08 | l’annexe

L’annexe ; un enfant pensait qu’il s’agissait de la nexe ; au rez, pas de chaussée mais une cour ; en ces terrains pentus on trouve parfois la chaussée au niveau des caves et du garage ; donc au rez de cour de l’annexe, une cuisine ; longue, étroite, s’élargissant quelque peu au niveau de la seconde fenêtre ; libérant Continuer la lectureautobiographies #08 | l’annexe

vers un écrire/film #04 | rituel

 Dans le noir dans le gris du jour qui naît, les mains dansent s’accolent caracolent, se quittent s’abaissent se glissent l’une sur l’autre, dans le noir dans le gris du jour qui naît. Dans le noir dans le gris du jour qui naît, elles s’élèvent paume à paume, se frottent se froissent s’enroulent, et s’évanouissent dans les coulisses. Dans le Continuer la lecturevers un écrire/film #04 | rituel

vers un écrire/film#3 j’écoute tous ces trucs-là

Au dessus de la rue, un grand ciel de vase. Tant de nuages et de mèches emmêlées. Une fois par semaine je vais nager à la piscine couverte. Odeur de chlore. Autour ce n’est pas le jaune de la lumière naturelle du jour. Ce n’est pas non plus le jaune du soleil. C’est celui de l’éclairage artificiel. On s’en fout. Continuer la lecturevers un écrire/film#3 j’écoute tous ces trucs-là

#O3 E/F Impressions sur rétine

Sous l’eau de la piscine. L’œil est une caméra qui explore dissocie les couches de lumière les ombres capte les réflections les reflux les bulles respiration air bruits assourdis énormes comme dans la neige amplifiés et lointains un monde souterrain un double de l’autre un gant retourné l’intérieur d’un soi. Fondation Vuitton. Au sommet de l’escalier d’eau des oiseaux font Continuer la lecture#O3 E/F Impressions sur rétine

vers un écrire/film #02 | Dos au mur’

Un homme de dos suit le mouvement de balancier d’une chaise à bascule. Sa tête seule ne bouge pas, figée en direction du mur qui fait face. Son chapeau, de guingois, est un canotier assorti à son manteau, tous deux noirs, comme ses cheveux, portés ras | Un mur lui fait face, grossièrement plâtré, rescapé d’un état de délabrement ou Continuer la lecturevers un écrire/film #02 | Dos au mur’

vers un écrire / film #03 | étreindre

Quoi tenter d’étreindre ce matin en ces heures de gel encore. Ciel pâle alors qu’en arrière du versant il y a davantage de couleur. Puis elle vient la couleur et remplit la vallée. Dans la timidité de l’hiver. Une gamme de jaune ocré mêlé de blanc et de beige rosé. Brusque irruption du soleil à dépasser le versant. Et cette Continuer la lecturevers un écrire / film #03 | étreindre