#chroniques #07 | Supposons qu’un jour la Mongolie

1/ Du mondeOui au monde, mais davantage le matin que le soir. 2/ Réel ou prémonitionSupposons que les milliers de satellites, plus nombreux que les étoiles filantes retombent sur terre, loin de tout, dans les mers, dans les déserts, ou sortent de leur orbite et voyagent vers l’infini.Supposons que les câbles sous-marins qui relient internet d’un continent à l’autre soient Continuer la lecture#chroniques #07 | Supposons qu’un jour la Mongolie

chroniques #07 | je crie

1 Je dis seulement oui. Je le sais, je le crains, je crie, mais j’accepte : un jour, l’air ne circulera plus par mes narines, et je ne battrai plus dans ce monde. 2 Supposons que l’eau ne coule plus du robinet, plus une goutte ne suinte, ce qui est vrai. Supposons que nous ne puissions plus nous désaltérer ausi Continuer la lecturechroniques #07 | je crie

#chroniques #03 | à l’intérieur nulle frontière

1/ du monde écoute sans faire le tri,à l’intérieur il n’y a nulle frontière,l’univers est grand 2/ captations hasardeuses il accompagnait sa femme tous les matins au bureau en voiture, à 7 h 30… elle travaillait au ministère de l’Agriculture | Léonard, tu te décales… tu vois la dame venir en face de toi, tu te décales | un sandwich au poulet Continuer la lecture#chroniques #03 | à l’intérieur nulle frontière

#chroniques #07 | Quand je pense à cette ville

1 | Dire oui au monde c’est dire oui à la vie parce que nous n’avons d’autre choix 2 | Ce qui n’est pas vrai Supposons que la batterie de mon iPhone soit plate et que dans ma voiture je n’ai pas de port USB C, ce qui est vrai.Supposons que la batterie de mon IPhone soit plate, que je Continuer la lecture#chroniques #07 | Quand je pense à cette ville

#chroniques #07 | Suppositions

1 | il est ainsi fait Je dis oui à l’aléatoire, à l’ambigu, au chancelant, au conditionnel, au confus, au discutable, à l’équivoque, à l’hypothétique, à l’indéfinissable, au problématique, à l’obscur, au vague. En résumé, je dis oui au monde, car il est ainsi fait. 2 | perte sèche Supposons que j’aie perdu mon disque dur dans le train, ce Continuer la lecture#chroniques #07 | Suppositions

#chroniques #07 | équanimité

  1. Oui au prochain pas, pied nu. Anachorète se dérobant, stylite descendant, immersion et bourdonnement : oui, oui, oui. Acquiescer à l’apparition des tentations palustres. Sans crier gare, le fond atteint le bout des pieds atteint notre imaginaire. Les yeux s’effarent dans la surface malachite et cherchent refuge dans l’immense voile céleste. Oui aux surgissements illusoires suivis d’un long relent fétide et humiliant. Oui à la fatigue qu’induit la nervosité et la peur… Oui à la dislocation, à la pointe du devoir impérieux et nu. Oui, prostré, tout ouïe, attentif à la vie du marécage. Oui, le pied bute et est coupé sur un véritable obstacle, enfin! Le saignement dure. L’écoulement réchauffe l’eau et la peau. Oui à l’équanimité quant aux conséquences. Oui – véritablement! au reflet sanguin – coalescence de l’Image et de la Chose. Et oui même à la fascination renouvelée par l’intuition de ce que serait le Monde. Oui, s’attendre au détour du Monde.
  2. Supposons que la feuille de décompte des heures est disparue de ma bannette, ce qui est vrai. Supposons que les feuilles n’aient pas d’autres utilité que pour communiquer ses heures à la secrétaire, ce qui est vrai. Supposons que la feuille retrouvée dans un classeur chez moi, ce qui est vrai. Supposons la gène occasionnée par cet évènement, ce qui est vrai.
    1. Trois cahiers noirs, mes journaux décrivant douze mois dans le Nord-Ouest de la France travaillant dans le secteur du pipeline.
    2. L’année sur la D775. 33km entre Derval et Redon. Parenthèse contemplative, écoute et conduite éclairant les arbres de cette ligne brisée au 12ème kilomètre à Guéméné-Penfao.
    3. Le Café Tempo à Guéméné-Penfao, lieu de pause où je lis les introductions et quelques pages des derniers livres reçus dans la boite aux lettres ou ceux achetés sur Redon – selon la météo, alternativement terrassé par la mélancolie ou le sublime de ma solitude.
    4. Un express et un Perrier tranche. Sauf les deux verres de cidre bus cette année. Un lors d’une conversation sur les rivalités entre les villages de pêcheurs de crustacés et coquillages et ceux de pêcheurs de poissons. Le dernier à la fin de mon contrat étonna la tenancière. C’est fascinant comme la peur d’être pleinement soi peut abstenir un être.
    5. Thierry Logie, le propriétaire d’Aquaperle, fut mon premier interlocuteur sur Redon. Son regard espiègle sous ses lunettes bleue cerclées de noir. Le type d’encre de Chine, le type de plume, le type de papier… Il me prodigua une attention et aborda le sujet avec une simplicité qui me poussa à croire au travail. Douze mois après mon départ d’Ille-et-Vilaine, il ferma définitivement son magasin.
    6. Le Cinéma Manivelle, machine à rêves, échappatoire temporaire pour retrouver nos chimères communes, une mise en rythme aux formes du cinéma actuel, assise hebdomadaire.
    7. La librairie Le Libre et la Tortue, son propriétaire et ma confidence : j’écris.
    8. La libraire Libelune, où je n’avoua rien de mon écriture.
    9. Le Nautic Café, devant lequel je me garais, sa terrasse où je lus avec trépidation l’Intuition de l’Instant de Bachelard, ses marginaux dont j’entendais avec tristesse l’écho de mon désir de libération de jeunesse.
    10. Le Shannon Café, sa terrasse surplombant le Nautic Café où je lus le texte de George Simmel sur l’amour, le mariage et la prostituée.
    11. L’écluse de la Digue de Saint-Nicolas-de-Redon, lieu de départ du chemin que je marchais si souvent. Un jour de saudade, j’y enregistra un message pour M***** où constellait déjà cette liste.
  3. Supposons que je sois actuellement disponible à une certaine intensité du désir de l’autre, ce qui n’est pas vrai. Supposons que je sache encore ce qu’est un désir, ce qui n’est pas vrai. Supposons que je sache vraiment ce qu’il en est de moi, ce qui n’est pas vrai. Supposons que la frustration de mon désir forme deux mains jointes à jamais, ce qui n’était pas vrai.

#chroniques #07 | Nager en pleine confusion

1|le monde va généralement mieux sans nous Je dis oui au monde [si] la chaleur retombe, [si] le monde détend ses muscles et ses nerfs dans un assouplissement général, légère impression de répit, sursis provisoire. Emprunté à Sandrine Bourguignon, Et d’une vie toute animale, Editions Cambourakis, 2024, p. 83 et 93 2|Supposons que je n’écrive pas, ce qui est vrai. Continuer la lecture#chroniques #07 | Nager en pleine confusion

#chroniques #07 | Paysages incognito

Planche d’exercice BD – YU – 2020 1 | du monde qui précipite Non, pas seulement sauter les yeux fermés dans la terra incognita. 2 | le réel, ce qui est vrai ? [Dans la nuit noire, portable éteint, tremblante, pelotonnée contre sa camarade de classe]. 3 | supposons ces deux paysages intérieurs Dans ses journaux d’enfance et d’ado, il y a Continuer la lecture#chroniques #07 | Paysages incognito

#chroniques #04 | La Ravagée

1 | DU MONDE Pas question de ne pas prendre notre souffrance pour creuser profond la blessure Pas question de dire oui quand ça crie non Pas question de rationaliser, de se croire en chantier, en travail, en rémission, en permission fugitive avant de rentrer sagement s’assoir, baisser sa tête et dire oui, tu avais raison, pardon. Pas question d’avaler Continuer la lecture#chroniques #04 | La Ravagée

#chroniques #06 | forces

1.   Force Celles et ceux qui me donne la force nécessaire pour affronter le monde, ce sont mes élèves. 2.   Manger Mange ta soupe si tu veux grandir, il vaut mieux faire envie de que pitié ; manger, mais c’est un plaisir, manger, j’aime manger, moi ; le mange-pieds, c’est le robot qui râcle le fond de la piscine ; il faut attendre Continuer la lecture#chroniques #06 | forces