#P10 Une douleur d’enfant

L’enfant en rentrant se précipite vers la cage. Son cœur bat si vite qu’elle le sent comme s’envoler. Et puis la cage vide, elle laisse échapper un cri. Il est parti. Elle le répète deux ou trois fois sans que la mère y prête attention. Négliger ce qu’elle considère comme de la sensiblerie, elle se dit que c’est ce qu’elle Continuer la lecture#P10 Une douleur d’enfant

hors-série #2 | l’absence

Tu attends qu’ils sortent, une course en ville, une partie de bridge, parfois un dîner, tu tends l’oreille, guettes le bruit régulier du moteur qui s’éloigne, assurée que la deux chevaux a bien franchi la nationale, tu te laisses choir sur le divan, avec l’intention ferme de ne pas bouger, bras écartés yeux ouverts jambes pendantes, clouée par le vide, Continuer la lecturehors-série #2 | l’absence

#P8 Je ne m’attendais pas à toi

Je ne m’attendais pas à toi. Comment s’est pris ce rendez-vous ? Toi et moi, en dehors des normes temporelles et spatiales vingt ans après ta mort ? Qui a appelé qui ? Tu n’as pas demandé à me rencontrer à l’occasion d’une faveur que t’aurait accordée l’autre monde, je n’ai pas fait tourner les tables ni ne me suis mise en quête Continuer la lecture#P8 Je ne m’attendais pas à toi

#P8 | Elle est signée de ton nom

Tu es la cadette du microcosme, longtemps. C’est ce qui fait ta singularité. Tu as le sentiment qu’une ligne est tracée. Qu’il est possible de s’en éloigner pour quelques pas, puis d’y revenir. De toute façon tu le sais bien, on t’appellera. Les regards toujours se tournent vers toi. Minuscule, tu fais tes premières nuits dans un lit bateau. Dans Continuer la lecture#P8 | Elle est signée de ton nom

#P4 | Tu comprendras, plus tard

Alors que tu poursuis les détours d’une route qui n’en finit pas, la parole est suspendue, frappe l’arrêt brutal : tu comprendras plus tard. Répétition plus calme. Tu comprendras, plus tard. La parole est alors interdite. Aucune répartie possible. Dire pour empêcher l’autre. Sonne comme une insulte, comme une claque. Plus tard, c’est quand ? Ne fait pas l’imbécile, tu as très Continuer la lecture#P4 | Tu comprendras, plus tard

#P1 Chambres

… le silence inquiétant du perroquet dans le mur, sous les lattes – les barreaux – des inscriptions au crayon papier, l’enfant pieds entravés dans son sac … … se pencher mais éviter de tomber : dans l’entrebâillement, il y a des flashs, des couleurs vives, deux corps en sueur, une clochette, ça pisse le sang à l’arcane sourcilière, un homme Continuer la lecture#P1 Chambres

#P0 L’enfant atlantide

Des bouees aux couleurs fluos

Enfant, la joie de la baignade c’était l’exploration du chaos. Sous l’eau, les yeux mi-clos, j’étais mi-aveugle et mi aveuglé. Du plaisir sans limite à chasser le soleil partout où il se cachait. Au fond de l’eau. Au fond du ciel. Ne pas compter les heures, ni le nombre de fois où. Retenir sa respiration le plus longtemps possible. J’étais Continuer la lecture#P0 L’enfant atlantide

Le petit parking

(là commençait le muret, un bond et nous étions en hauteur, nous jouions les équilibristes, nous nous prenions pour des funambules, nous élimions nos vestes en les frottant aux arbustes – acacias, charmes, tuyas ? – c’était juste après la maison de la muette et il y avait un parking, de ceux qu’on appelle en épi, c’était un petit parking, il Continuer la lectureLe petit parking

La main

(Ou plutôt un bourdonnement en écho. Nos voix se superposaient. Les ombres de nos silhouettes jouaient avec l’aplat de soleil sur la colline. Nos cris perdus à la rivière qui sillonnait le territoire de nos jeux. Comme piqués de la fièvre dominicale, rejetés au plus loin des conversations adultes, nous nous avancions là où le bourdonnement était le plus fort. Continuer la lectureLa main

La surface

C’est cela qui me revient, en premier, c’est une dernière fois. Les cheveux humides mais le vent du printemps sèche rapidement, il fait jour, il y a des promesses dans l’air. Pas de gêne, c’est la fin, on se réconcilie du coin de l’œil avec les garçons qui nous succèdent. Eux, ils s’entraînent à la compétition. Filles et garçons séparés. Continuer la lectureLa surface