La main

(Ou plutôt un bourdonnement en écho. Nos voix se superposaient. Les ombres de nos silhouettes jouaient avec l’aplat de soleil sur la colline. Nos cris perdus à la rivière qui sillonnait le territoire de nos jeux. Comme piqués de la fièvre dominicale, rejetés au plus loin des conversations adultes, nous nous avancions là où le bourdonnement était le plus fort. Continuer la lectureLa main

La surface

C’est cela qui me revient, en premier, c’est une dernière fois. Les cheveux humides mais le vent du printemps sèche rapidement, il fait jour, il y a des promesses dans l’air. Pas de gêne, c’est la fin, on se réconcilie du coin de l’œil avec les garçons qui nous succèdent. Eux, ils s’entraînent à la compétition. Filles et garçons séparés. Continuer la lectureLa surface

Et presque dix ans plus tard

…et presque dix ans plus tard, toutes y pensent sûrement un peu, se souviennent que justement, c’était bien peu de s’arrêter à douze mais : elle n’est plus, est décédée, est morte, voilà l’enfance s’arrête et en plusieurs morceaux, leurs doigts jamais ne rassembleront la séparation déjà en amont ; « vous vous vivez les filles et vous devez vivre pour elle », interdits Continuer la lectureEt presque dix ans plus tard

Un sphinx met de la vitesse là où le temps s’est arrêté

Yamen L’enfance satine joues brunes et rondes, supportant sans peine regard de Méduse tagué en bleu. En son for intérieur, un sphinx se prélasse sur les velux d’un pavillon ; il pourrait briser le verre au moindre mouvement. Au bout de la rue couverte, il y a le klaxon. Résonnent murmures en bambara accordés aux pas qui n’évitent pas les flaques, Continuer la lectureUn sphinx met de la vitesse là où le temps s’est arrêté

Mille silences nous réunissent

Le ciel peint en bleu, un froid nous excite, réclame son lot de morve, d’injures et de coups. Les larmes et le sang sont en prime. Nous contre lui. Je n’existe pas et il n’est pas encore en moi. La rage l’aveugle, prend possession de son visage. Je le découvre pour la première fois, mes yeux croisent les siens, malheur ! Continuer la lectureMille silences nous réunissent

La cour

            Ailes qui frappent l’air jusqu’au ciel. Les pigeons désertent la cour en battements frénétiques pour laisser la place aux enfants. Sous les arbres, à des repères ancrés dans les consciences, des rangées d’écoliers se forment lentement. La bougeotte gagne les gambettes ; pourquoi faut-il attendre, pourquoi ne peut-on pas se ruer gaiement dans les escaliers ? Frissons qui parcourent Continuer la lectureLa cour

Celles d’enfance

Celle qui devant le tas de fumier lavait le matin la brouette et passait et repassait sa langue sur ses dents et priait le chapelet sur le fauteuil du salon le dimanche et les autres soirs s’endormait devant la télé à cause du jardin, des beignets aux pommes, des verres de sirop trop sucrés, du dos qu’on plie et du Continuer la lectureCelles d’enfance

Il Brel corps

Né un dimanche, né en avance, né l’aîné. Puis je a attendu, s’est laissé faire. La fabrique de carton. Il pleut, pas sa faute, jeunesse catholique. Agenouillé pour rien, s’ennuie en silence. Puis de grisaille en silence, le corps s’éveille. J’ai eu la belle vie, j’ai parlé, dit-il. Dans le cocon, l’enfant-roi. Mais DEHORS je a cessé de parler DEHORS Continuer la lectureIl Brel corps