#été2023 #05bis | Cinq fois Hippolyte

Il ne savait pas qu’il s’appelait Hippolyte. La plupart du temps, lorsque l’adolescent montait dans le premier train du matin, il le voyait assis près d’une fenêtre, juste après la porte d’entrée. Le plus souvent, il mangeait un croissant. Quelques rares fois, l’homme montait après lui, mais c’était peu fréquent. Cela n’avait pas beaucoup d’importance, de toute façon, parce que Continuer la lecture#été2023 #05bis | Cinq fois Hippolyte

#été2023 #05 | Ecluser

 Balayer devant sa porte, c’est sûr. De ça, les gens devraient s’inspirer. En nous regardant. Tout simplement. Moi, c’est balayeur de voirie, éboueur et poète. Je ne suis pas le seul. Si tu ne me crois pas, tant pis pour toi : comme beaucoup, tu passeras à côté. Ce n’est pas parce qu’on est techniciens dits de surface qu’on n’accède pas Continuer la lecture#été2023 #05 | Ecluser

#été2023 #05bis | Daveesh Daveesh Daveesh Davuchka

Daveesh –  diminutif polonais, Davuchka (entendre Davouchka) – Mon mari hier est reparti. Suis-je dans le réel ou le rêve, j’embrasse ces moments où je donne raison à l’absence de conscience, es-tu cet amour qui tremble cueilli par nos corps enlacés, ton sourire dans mes veines interdit à l’absence… tu traverses ma vie comme un ouragan qui souffle le manque et Continuer la lecture#été2023 #05bis | Daveesh Daveesh Daveesh Davuchka

#été2023 #05 | à l’aveugle

J’ai laissé tomber l’avenir fin décembre, on pense à l’influence des anciennes connaissances, on pense à la disparition des amis je me souviens ce taxi qui s’en va sur l’avenue, passant devant le concessionnaire de voitures de luxe – je me souviens et peut-être que de toute la vie jamais je ne le reverrai – j’ai cette appréhension, et puis Continuer la lecture#été2023 #05 | à l’aveugle

#été2023 #05 #05bis | rideau peut-être

Je suis devant l’hôtel entièrement vitré. Ce n’est pas comme une gare ou un carrefour, et pourtant c’est comme une gare ou un carrefour, je suis dans un hôtel entièrement vitré, je suis à l’extérieur de cet hôtel, parfois j’y entre, les murs sont facilement friables, humides, l’année précédente les fondations n’étaient qu’un trou dans le sable entouré de parpaings Continuer la lecture#été2023 #05 #05bis | rideau peut-être

#été2023 #05bis | Prune

Madeleine. Sa mère a dit « ma fille Madeleine va venir me chercher ». Elle avait froid. Je n’ai pas osé au début lui prêter mon blouson d’agent d’escale. Nous avons attendu Madeleine. Je l’avais prise en charge dès la sortie de l’avion. Je l’avais aidé à s’asseoir dans la chaise roulante. Elle était un petit oiseau tout maigre sans manteau, juste Continuer la lecture#été2023 #05bis | Prune

#été2023 #03 | « Un café ? »

« il ne reste que l’absence pour se rendre visible » (Claire Marin, Être à sa place, LDP, 2022, p. 39) Comme je l’ai dit, une tignasse et une main dans la demi-pénombre. Endormie sur un matelas improvisé posé sur des palettes. Tout contre une fenêtre aux carreaux cassés et la végétation qui entre dedans à flots verts et lumineux. Je n’ai Continuer la lecture#été2023 #03 | « Un café ? »

#été2023 #04 | c’est le dehors qu’elle observe

Elle marche pieds nus sur le carrelage froid. Elle entend les voix familières, elles viennent du salon où la famille échange sur les années passées à Dakar, à Casa, sur le présent, les terres familiales depuis de nombreuses décennies, sur la récolte de fruits précoce cette année. Mets tes chaussons, tu vas attraper du mal. Dans l’entrée, le piano. On Continuer la lecture#été2023 #04 | c’est le dehors qu’elle observe

#été2023 #05 | en bas, près des rizières

— La musique, ça touche tout le monde, je vois tant de gens, toutes générations, couleurs de peau, celles qui ont un oeil vers l’avenir, ceux qui ont une oreille sur la musique de leur enfance, celles curieuses d’autres mondes, celui qui me demande de la musique mapuche parce que ça lui rappelle quand il travaillait dans une hacienda au Continuer la lecture#été2023 #05 | en bas, près des rizières