dialogue #01 | didascalie en sous sol

Ils sont face à face lui rouge elle blanche pas hâlée lui sur l’avant dernière marche elle debout avec autour les choses dans le sous sol béton au long soupirail à fenêtre rabattante … Elle ne l’entend pas arriver. Quelques marches de béton à descendre. Il la surprend accroupie tournée vers le grand congélateur coffre où l’on pourrait coucher à Continuer la lecturedialogue #01 | didascalie en sous sol

hors-série #impératif | proférations, fragmentation

Profération une, voix de la mère dans la tête du gosse : Va ranger ta chambre. Ramasse tes slips sales sous le lit. Après, viens manger ta soupe. Sois à l’heure sinon, tant pis, tu mangeras froid. Et oublie pas tes devoirs. T’as encore pris des lignes ? Un exercice en plus ? Prends bien garde à toi ! Compte pas t’en tirer comme Continuer la lecturehors-série #impératif | proférations, fragmentation

vers un écrire/film #02 | un souvenir déjà lointain

Sur la plage | Le soleil vient de se lever | Brumes estivales | Houle au loin | Vent violent, assourdissant | Brusques rafales | Les vagues soulevées par les bourrasques de vent | Marée montante | Lendemain de fête | Fatigue de la nuit passée à traîner de café en café | Dans la moiteur émolliente des vapeurs d’alcool, Continuer la lecturevers un écrire/film #02 | un souvenir déjà lointain

autobiographies #14 | flot brutal

à feuilleter l’album aux images sépia bien classées ou déposées en vrac entre les pages, il y a comme des suspens, des trous, des vides, les mêmes insérés dans le maillage de nos vies minuscules la petite maison aux volets bleus qu’ils habitaient après leur mariage dans la rue des Tulipes les falaises de schistes gris argent, aplomb vertigineux par endroits Continuer la lectureautobiographies #14 | flot brutal

autobiographies #09 | vol de nuit

de l’épaisseur du silence surgissent des formes imprévues, et la nuit en rajoute encore à l’indécision et à la crainte de s’engager dans ces passages ignorés au ras de petits squares mal fréquentés, ces venelles, ces courettes nichées à l’intérieur des bâtiments, ces avant-toits protégeant des portes, ces couloirs étroits mal éclairés sur lesquels s’ouvrent d’autres portes derrière lesquelles il Continuer la lectureautobiographies #09 | vol de nuit

autobiographies #07 En portes

Dans le nouvel appartement, la porte de la chambre où désormais tu dors — ta chambre. La porte qu’ils laissent entrouverte pour que tu t’habitues. L ‘espace entre la porte et le mur que tu réclames pour que la lumière du couloir entre. L’angle très précis que doit prendre cette porte ouverte; sans quoi tu ne dormiras pas. La porte du Continuer la lectureautobiographies #07 En portes

#L11 Ceci n’est pas une grange

Non pas la grange telle qu’elle fut, non pas le char de paille qu’on décharge dans la chaleur de l’été le corps suant sous le toit sombre, non pas l’entassement vertigineux des bottes de foin, pas question de perdre le moindre centimètre, les poser en quinconce pour éviter l’effondrement, non pas les bottes de foin puis de regain, non pas Continuer la lecture#L11 Ceci n’est pas une grange

#P12 | Joyeux anniversaire

1. Un bref instant de lumière, une étincelle. 2. Le temps immobile et confus. Les anecdotes disparaissent peu à peu, il ne me reste plus que les photographies pour tenter d’en retrouver la trace, d’en dresser la carte, avec un léger écart, ce qu’on appelle écrire. 3. Comme tout le monde, je n’ai aucun souvenir précis des premières années de Continuer la lecture#P12 | Joyeux anniversaire

#P11 | avec toi dans la nuit

Montagne. Durant tout le jour, la lumière blanche, la chaleur impitoyable avaient exaspéré le ciel, le bleu n’existait plus. La main posée sur la tête du robinet elle laisse couler un mince filet d’eau dans le lavabo pour stimuler la fillette, mais la présence de sa grand-mère dont elle sent toute l’attention dans l’intimité de la salle de bain tétanise Continuer la lecture#P11 | avec toi dans la nuit

#L10 | la passerelle

De la passerelle, aspirer l’air chargé d’herbe tiède, sel, kérosène. C’est comme une vague trop haute, lourde et abrupte, de la pointe des orteils jusqu’au cœur, cette première fois dont elle ne peut se souvenir vient faire rougir son front, d’où lui vient cette image, une famille, un couple, trois enfants — sa famille — en haut de la passerelle ? Continuer la lecture#L10 | la passerelle