le tour de Tours en 80 ronds-points

transformer l’espace vide des ronds-points en chambre photographique et littéraire pour voir ce que la ville cache



- première visite ? ici la présentation générale du projet, qui inclut aussi des invitations et un journal ;

- performances YouTube la littérature se crie dans les ronds-points

- en partenariat Pôle des arts urbains Saint-Pierre des Corps (pOlau) & Ciclic.

 

1 – les explorations ronds-points, par ordre d’entrée en scène



- 1, qu’il faut bien commencer par un rond-point

- 2, un rond-point avec rien

- 3, quand la N 10 était le prestige des portes de ville,

- 4, mystères de chevaux de fer et pont de chemin de fer,

- 5, il n’a pas été gâté Charles de Gaulle

- 6, de l’art de bâtir une rue en plein champ

- 7, pourquoi et comment l’avion posé sur le rond-point,

- 8, Mettray, Jean Genet et la colonie pénitentiaire

- 9, un rond-point grand comme les deux mains,

- hors-série| Saint-Pierre des Corps (aimer les murs de)

- 10, zone de divertissement sud

- 11, rond-point des zones à dormir

-  12, de l’idée d’un rond-point transformable

- hors-série | camions de Saint-Pierre des Corps

- 13, quoi faire d’un rond-point devant les morts

- 14, fausses ruines antiques et du nom Robert Pinget

- 15, aire des gens du voyage, bien grillagée

- 16, mettre les chômeurs en zone propre

- 17, démolition des Beaux-Arts de Tours,

- hors-série | rocade, extérieur nuit

- 18, Michelin nain de jardin

- 19, hypermarché et fête foraine

- journal | pOlau le vendredi midi

- 20, faire son vin dans un rond-point

- invitation | Maryline Tagliabue, paysagiste

- journal | pOlau, l’histoire du château d’eau

- 21, d’IKEA par les arrières, de Christine de Suède et du Salon du chiot

- 22 la Rotonde, ou les frontières dans la ville

- invitation | Nicolas Simarik, transformations de l’espace urbain

- journal | de l’autre côté de la rue

- 23, murs anti-bruit, Fondettes & Las Vegas

- invitation | Hervé Thiot, l’invention de la ville par la vitesse

- journal | il pleuvait sans cesse sur Point Haut cet après-midi-là

- 24, de l’urbanisme en miettes dans la ville en pente

- 25, des lieux où on ne passe que parce qu’on s’est perdus

- 26, fuir la ville, et des chemins de Balzac

- 27, zones interdites et fausse ville catastrophe

- 28, rond-point qui penche, et auteurs illustres

- 29, dans la rue longue...

- 30, gros art et voitures mortes

- journal | 2 jours d’écriture dans la ville et avec

- journal | livraison d’un escargot à Point Haut

- 31, la mer à Joué-les-Tours

- 32, de la commercialisation de fausse nature dans la ville

- 33, de comment les noms de marque massacrent la langue

- 34, inondons les pauvres, une visite au Point Zéro

- atelier | lieux où j’ai dormi par erreur

- hors série | les îles noires

- 35, un rond-point rien que pour disparaître dans la ville

 

3 – protocoles


 

4 – archives, réflexions & compléments


 

6 – liens & curiosités ronds-points


- groupe Facebook les ronds-pointistes, avec des merveilles dans l’affichage ;

- les ronds-points de Florian Kleinefenn (très belles photographies de ronds-points insolites) ;

- les ronds-points monumentaux de Jean-Luc Plé ;

 

 

histoire d’un projet

petite histoire


Mon premier souvenir associant rond-point et enjeux d’une écriture de la ville date de 1994, proposant à une classe de collège de Villepinte (93), à partir d’un texte de Kafka, de travailler sur les lieux de la ville dans lesquels être seul favorisait la pensée et le retour sur soi. Un des élèves avait décrit « l’igloo » qu’il s’était construit sur le rond-point au milieu d’une quatre voies.

Une deuxième étape, mais qui m’a toujours accompagné depuis lors, c’est une demande de Jean-Christophe Bailly pour les Cahiers de l’École du paysage de Blois. Bâtir une première typologie des ronds-points en milieu urbain. Surtout, le premier texte que j’ai d’emblée conçu comme démarche associant fragments textuels et photographie numérique.

Depuis ce texte, j’ai eu constamment une attention particulière pour ces objets structurant et dispersant la topologie de la ville. Ou ce que leur absence changeait à cette topologie, dans l’espace américain par exemple.

Par exemple, il y a 2 ans, en résidence sur le plateau de Saclay, nous emmenons toute une matinée, en autobus, une classe du lycée professionnel de Palaiseau sur ce territoire en train destiné à agrandir la ville, mais pour ceux d’en bas. Nous les équipons massivement d’outils de captation (APN, iPads, demande de saturer la mémoire de leurs téléphones), et nous irons pique-niquer sur un des ronds-points stratégiques de ce développement urbain, le « Christ de Saclay ».

J’ajoute, pour ce que je voudrais développer ci-dessous d’une intentionnalité dans la posture d’écriture, comment une performance datant d’il y a 4 ans, une pleine semaine sans quitter la Défense, m’a amené à travailler plus en profondeur sur ces espaces intersticiels de la circulation urbaine.

 

des appuis


Bien sûr les appuis théoriques ne manquent pas. Plutôt les penser depuis ce qu’ils renversent : comment le New York de Rem Koolhaas part des carrés de Manhattan délimités par le damier des rues. Positionner la description de la ville sur ses ronds-points, c’est prendre comme point d’ancrage des implantations non destinées à habiter ni même à traverser. Lieux ouverts, ils reconditionnent l’orientation (la signalétique des bords d’agglomération ne passe plus par des toponymes, mais par leur représentation iconique, idem les voix de GPS) et la dynamique même de progression et reconfiguration de l’espace urbain. Lieux vides, ils sont à la fois des espaces de reconquête pour la flore sauvage (dans le 9-3 notamment), voire d’implantation d’objets artistiques et/ou paysagers, au vieillissement dessinant à nouveau une histoire (de la « cage » de Saint-Pierre des Corps aux Buren de la Tranchée, en passant par la suite de sculptures sur la N10 dans Tours-Sud). Leur implantation se multiplie en fonction de la progression d’habitats eux-mêmes déplaçant progressivement le concept de communauté, ou de structuration de la consommation (ligne droite depuis le De Gaulle de l’avenue éponyme de Saint-Cyr, figurant sa solitude de l’après 68 sur un monceau caillouteux devenu lui-même une île dans l’avenue, au cheval géant de grillage qui lui fait suite, et celui en construction qui régule la nouvelle ville en plein champ de la Membrolle).

Mais je pense plutôt au London Orbital de Ian Sinclair, paru il y a 6 ans : une description pédestre, accomplie sur les 249 kilomètres de cette autoroute ceinturant à distance le grand Londres : la capitale est sans cesse invisible, et sans cesse cette limite de la ville en accroît le savoir. D’autre part, chaque tronçon exploré étant conçu comme exercice formel à part entière, Sinclair invite parfois des amis artistes, pas seulement photographes, à l’accompagner.

Nous disposons évidemment d’un arsenal conceptuel et littéraire fort pour aborder ces éléments urbains neufs : la séquence rue/quartier/ville (et donc l’objet intermédiaire) à y insérer dans le Espèces d’espaces de Perec ou la publication imminente de l’ensemble de son projet Lieux, dont Tentative d’épuisement d’un lieu parisien n’est qu’une des illustrations ponctuelles. Mais on peut s’enfoncer plus amont dans l’écriture urbaine : ainsi, la suite de « radiales » pour pénétrer les villes, qu’on les approche en avion, train, voiture dans le Fall of America de Ginsberg est pour moi un modèle à forte potentialité.

 

parallèle sur les formes littéraires


J’ai la chance d’intervenir professionnellement, depuis un an, dans une école d’arts en milieu urbain particulièrement complexe : l’EnsaPC à Paris/Cergy. La ville surgit bien sûr massivement dans les productions étudiantes : grapheurs y compris, ou ces étonnantes pratiques émergentes des « grimpeurs », mais par exemple le groupe de dix qui décide de parcourir à pied, en une journée, les 24 kilomètres qui séparent Cergy du périphérique, et tout surpris quand je leur propose ensuite le chapitre du Dépaysement de Bailly où il marche de Cachan à la Poterne des Peupliers, ou celle qui décide d’accomplir une marche de 3 heures (et 12 kilomètres) dans le Auchan de la dalle et travailler sur ce qui s’en induit pour les trajets et les signes. Ou le taggage collectif sur Google Map et Google Earth de micro-réalisations land-art sur une île d’accès interdit de la Seine, qui en fait un des musées les plus repérés et documentés de toute la région parisienne.

Mais une part de la réflexion a été initiée par ma propre déstabilisation à leurs formes d’appropriation de la ville : pour moi, écrire la ville, c’était déployer des outils de poétique ou narrativité capables d’organiser des représentations discursives que ceux qui constituent la ville n’élaborent pas sans cette intervention particulière – schéma que bien sûr ceux de ma génération ont appris par le travail de Walter Benjamin sur les « passages » et les Tableaux parisiens de son Baudelaire. De la même façon que le déploiement actuel des villes ne s’effectue plus selon le schème hausmannien (qui prévaut encore, cependant, à la Défense ou partiellement dans le concept de « ville nouvelle » telle que le premier germe de Cergy, et son recouvrement ou avalement actuel dans la constitution de l’agglomération géante), c’est la posture même de l’auteur qu’il s’agit de mettre en cause : dans tous les processus scientifiques contemporains, c’est le déplacement d’équilibre par l’expérience elle-même qui permet de révéler le phénomène sinon inobservable.

J’ai mis un peu de temps à comprendre l’influence diffuse d’un classique, L’art contextuel et comment il pouvait être assimilé par les pratiques étudiantes. Le fils des cités qui décide de partir une semaine en Chine les mains vides, et en revenir avec seulement un sac de supermarché, et installe dans la banlieue de Pékin une suite de photographies de l’espace urbain résultant de la démolition de son immeuble d’enfance. Celle qui, pour décrire une rue parisienne, se donne chaque jour une contrainte de relevé, inventaire, description, mais du coup intervient sur la rue elle-même : par exemple en y « perdant » volontairement chaque jour un objet personnel – dans cette frontière, il se joue quoi ? Ainsi celle qui décide de demander à photographier, dans son quartier, l’intérieur de toutes les boutiques où elle n’a aucune raison objective d’entrer, comme pompes funèbres ou toilettage pour chien – voir site lancé l’an dernier cergyland.fr. Ce qui émerge de possibilité nouvelle de récit et représentation surgit d’un déplacement intentionnel, d’une intervention sur la réalité même qui déplace le statut traditionnel de l’auteur-observateur (souvenir de mon année au 14ème étage de la tour Karl-Marx à Bobigny, en 1986). Comment alors définir pour la littérature de tels sauts de contrainte, en travaillant en amont sur notre propre intervention pour déplacer ce qui ne se révélerait pas sans cette intervention ?

 

de la littérature sans livre


Cette réflexion s’est amorcée de mon côté depuis plusieurs mois. Liée aussi à une modification considérable du contexte de nos interventions professionnelles.
Si on nous invite facilement pour tables-rondes, ou dialogue derrière une table avec plante verte et carafe d’eau, les possibilité de construire des performances sont rares. Parallèlement, comme pour les musiciens, l’outil vidéo (take away show) rendent indépendants le temps de la performance et sa restitution ou son partage public.
D’autre part, le confinement grandissant de la littérature à ses lieux dédiés : la librairie de centre-ville, la bibliothèque. Nous ne savons pas comment aller dans un hall de fac, comment irions-nous dans une galerie d’hypermarché ? En ce sens, l’instauration d’un lieu multi-disciplinaire (ou sans même référence à la notion de discipline) sur la notion de pratiques urbaines est un geste fort.

J’en étais là ces temps-ci : idée d’une série de performances littéraires dans l’espace urbain, fixées par la vidéo et diffusées par Internet.

Il peut suffire d’une traversée urbaine dans la nuit, après d’étranges convergences littéraires, pour découvrir que tout cela n’était pas si loin et peut se rejoindre.

 

le tour de Tours en 80 ronds-points


L’idée (et je crois que c’est déjà un projet personnel suffisamment défini pour l’entamer sans autre aide) serait, sur une période longue – qui pourrait coïncider avec l’année scolaire 2014-2015 –, d’investir plusieurs dizaines des ronds-points structurants l’espace urbain de l’agglomération de Tours.

Habiter ces ronds-points : grâce au long terme, se rendre sur chacun tour à tour pour plusieurs heures.

Les considérer d’abord comme chambre d’enregistrement photographique. Non pas photographier le rond-point depuis ce qui l’entoure, mais, une fois sur le rond-point lui-même, faire l’inventaire systématique de ce qu’il voit de la ville, comme une chambre noire en plein jour. La totalité des fonctions urbaines autrefois confinées dans l’enceinte de la ville, ses fonctions industrielles, commerciales, hospitalières, strates temporelles de modes d’habitat, jusqu’à évacuation des déchets et cimetières, y compris aussi les nouveaux octrois que sont les ronds-points en tant que suite dénombrable de points d’accès à la ville pourtant ouverte, devient à nouveau un ensemble descriptible.

Les considérer comme lieux d’accumulation textuelle : sur place, noter, inventorier, décrire. Ce qui passe, ce qui y a été abandonné, traces mémorielles aussi (à Joué-les-Tours, il y a 2 ans, un bus fauchant un groupe d’enfants), journal même des quelques heures passées sur ce lieu précis. Et dans le même temps, ce qui émerge de fiction potentielle, ou idées de fictions.

Les considérer comme éléments de durée : hors le premier travail de photo sur pied, une vidéo fixe et de durée fixe, sans autre intervention, sur l’image paysagère la plus symbolique proposée par chaque rond-point.

Enfin, marquer le passage : que chaque séjour sur chaque rond-point soit l’occasion d’une performance littéraire, soit à partir de textes écrits dans le cadre de ce projet, soit de textes liés à l’histoire de la littérature de la ville. Ces performances sont enregistrées de la même façon sous forme de brève vidéo.

Et parallèle : déplacer la notion de diffusion ou publication. Dans chaque rond-point visité, enterrer un livre, faire de ce rituel un geste personnel fort, s’y tenir.

Identifier les ronds-points : chacun sera taggé et nommé par ses coordonnées GPS, ouvrant à la possibilité de consultation et archivage par carte.

À mesure que certains ronds-points sont perçus comme plus symboliques, plus complexes, plus décisifs dans l’organisation urbaine, y revenir. Définir d’autres heures du jour, d’autres relations aux heures (nuits, aubes, dimanches, pics de circulation), et les considérer comme autant de personnages. L’idée que certains de ces ronds-points (de façon d’ailleurs complètement indépendante de leur importance géographique) soient des explorations récurrentes tout au long du parcours.

Je n’ai jamais cessé de travailler sur ces éléments : souvenir, lors de ma résidence de 2007 à l’université de Tours, avec les doctorants en urbanismes de la MSH (initiative de Michel Lussault), investir collectivement pour écrire la galerie de « La Riche-Soleil ». Mais j’étais toujours dans une perspective géo-centrée : avec les ronds-points, c’est s’installer sur la carte, et figurer la ville par ses noeuds cinétiques. D’autre part, toute l’agglo est à 10 minutes de voiture de mon domicile. Je la connais bien. C’est juste que je n’en ai jamais fait un objet de travail en tant que territoire.

Il s’agira d’un projet transmedia – je suis habitué aux conjonctions publication web / publication livre (en octobre, chez Verdier, Paysage Fer en poche et sur le site film, photos, carnets). Des travaux comme ceux de Bruce Bégout sur les motels US ou le London orbital déjà cité, ou le travail de Jean-Christophe Bailly cité aussi, me sont trop proches pour ne pas envisager dès l’amont une publication Seuil de ce qui en résultera textuellement. Mais d’emblée concevoir le lien organique vidéo / photo / action / texte comme objet web encapsulable. Avec une spécificité pour la performance littéraire, dont je voudrais que le hurlement signifie agressivement la condition faite à la littérature : lire de la poésie sur les ronds-points face cimetière à la pleine lune, et alors ?

 

une expérience ouverte


Mais je souhaite évidemment avant tout que cette expérience, comme tout projet web, puisse être collaboratif et ouvert, et à ce titre la construction du nouveau Point Haut, lieu pour les arts urbains à Saint-Pierre des Corps, pourrait en être le socle fort.

Dans sa diffusion comme journal ouvert, semaine après semaine, soit par reprise de mes contenus web, soit leur recomposition sous autre éditorialisation. Dans un questionnement commun, à échelle non pas spécifiquement locale, de l’urbain dans ses catégories de cinétique, de déploiement, d’espaces interstitiels, de strates d’habitat et de géographie de la consommation, ou de sémiotique des signes topologiques ou idéologiques (récents panneaux publicitaires promouvant Loches).

Mais aussi pourquoi pas actions de détournements et d’installations collectives sur ces ronds-points, une fois établi diffusion de l’initiative, qui évidemment sera regardée.
Dès cette première rencontre de juin, le souhait d’expérimenter en prenant modeste place dans les actions à l’initiative du lieu : je repense à ces actions de marche nocturne – quel bonheur pour un auteur d’être éventuellement admis à en proposer l’organisation et la création d’une trace écrite.

Mais, si affinité, concevoir ensemble un élargissement de l’expérience ronds-points : vu récemment, lors d’une invitation au lycée de Romorantin, avec demande préalable aux élèves, la veille, par l’enseignante d’un collectage d’images téléphoniques sur leur trajet domicile-lycée ce même matin, comment ces lieux sans définition participent de l’imaginaire commun. Travail avec des étudiants architecture ou paysage pour installer sur un rond-point des maquettes de villes ou paysages utopiques. Y recevoir un danseur ou un filmeur : il danse quoi, sur l’île urbaine, il (ou elle) filme quoi ? Inviter des amis auteurs : s’installer avec 2 chaises au milieu d’un de nos ronds-points, et converser une heure. Recevoir sur les ronds-points comme je reçois chez moi (d’ailleurs, certaines de leurs constructions paysagères sont très agréables).

Il y a pour moi une demande, non pathétique, mais cependant en désarroi : ne pas oublier la littérature dans ce qui s’invente de pratiques urbaines, toutes incluant du texte, mais créant leurs propres usages, parce que jonction non établie avec les pistes littéraires qui permettraient le court-circuit (comme le Fall of America des radiales de Ginsberg citées plus haut).

Pour cela, il faut la dynamique d’un travail commun. Trois mois se sont écoulés depuis ce moment de partage à Saint-Pierre des Corps : en traversant hier soir la ZUP Sud de Blois sous les phares, retour des splendeurs de Chambord avec démonstration de littérature morte, il m’a semblé que tout pouvait se dresser d’aplomb : la mise en place d’un travail personnel autonome, l’intégration de ces actions de profération filmées in situ dont je voulais aussi faire projet principal cette année, et une base matérielle qui soit, de mon côté, découverte et novation formelle.

Un premier recensement grossier sur Google Earth : 135 ronds-points possibles, tous diamètres, tous contextes. 135 îles, pour une seule ville, non pas prise dans ses limites, mais dans sa structure et son déploiement mêmes.

Je suis intérieurement, ce matin, immensément heureux de la perspective d’avoir à tant habiter seul la ville totale et ouverte. Immensément confiant que ça pourra être aussi ensemble.

 

merci à Yann Dissez & Maud Le Floch pour accompagnement dans cette genèse

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François Bon © Tiers Livre Éditeur, tous droits réservés
1ère mise en ligne et dernière modification le 15 septembre 2014
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