#anthologie #35 | l’autobus

L’autobus roule. Il est filmé par-dessus, le grand rectangle blanc de son toit est posé au centre de l’écran dans sa largeur, il semble immobile. Sur le bord de l’image défilent de droite à gauche des personnes, des voitures, un parapluie ouvert vus du ciel. Des traits de lumière zèbrent le bord de l’image de gauche à droite, les reflets Continuer la lecture#anthologie #35 | l’autobus→

#anthologie #25 | liste olfactive

Les dimanches ce que je préférai quand nous arrivions rue de Steinkerque c’était l’odeur de cave dans le hall, plus marquée dans le petit recoin sous l’escalier où je me cachais pour faire peur à mon frère, et qui s’éventait à mesure que nous gravissions les cinq étages. Quand nous arrivions rue Legendre, et qu’il fallait se laver les mains Continuer la lecture#anthologie #25 | liste olfactive→

#anthologie #25 | Des notes et des odeurs

La lessive « verte » mentionne sur l’emballage une espèce protégée : le manchot. On va sentir le pingouin ? Justin, 3 ans. Dans l’appentis à l’écart du verger les clayettes surchargées de pommes de toutes variétés. Le parfum de miel qui s’en dégage. La fierté d’Adelma qui nous fait visiter son domaine. On l’avait oublié dans la glacière. La Continuer la lecture#anthologie #25 | Des notes et des odeurs→

#anthologie #24 | prélude, notes

Le premier, les pieds dans les glaïeuls, dort : celui du val est mort. Mon second est une phrase, « To die, to sleep ; to sleep, perchance to dream. », si tu rêvais encore de quels fils seraient tissés tes songes. Vient la somnambule, blanche dans sa robe de nuit et le rouge à sa main : Lady pleine Continuer la lecture#anthologie #24 | prélude, notes→

#gestes&usages #08 | adieu connard

J’ai plaisir à tenter de retrouver ce sentiment que j’avais quand, gosse du côté de Bordeaux, il pleuvait, pleuvait ça pouvait durer des heures, des jours. Dehors c’était un monde d’ailleurs, aquatique, de cordes humides qui liaient le ciel trop plein d’anges aux ronds dans l’eau des flaques. Dedans, un monde sec de chocolat chaud, de douce solitude, d’oranges sanguines Continuer la lecture#gestes&usages #08 | adieu connard→

#enfances #09 | d’une chambre l’autre

Lit cosy aux livres rangés, marbre blanc de l’immense commode maculé de taches de colle et de peintures, un tiroir boîte à outils, la fenêtre étroite, sa persienne verte écaillée, odeur de solvant et d’huile de lin Immense lit où elle dormait, le revolver d’ordonnance dans son étui jambon dans le tiroir de la table de chevet, le juxtaposé Verney-Carron, Continuer la lecture#enfances #09 | d’une chambre l’autre→

#été2023 #15 | Les ciels mouillés de mon enfance

J’ai peu de souvenirs de bois ou de sous-bois, de l’odeur de l’humus, dans l’humeur maussade de promenades obligées, et le bout d’une botte sur un amas fauve de feuilles et de boue. Longtemps j’ai refusé ses couleurs à l’automne, n’y lisant que la mort de la saison prochaine. Je préférais le moment où, vers la fin d’été, la nature Continuer la lecture#été2023 #15 | Les ciels mouillés de mon enfance→

#été du roman #03 Stein | la lettre

Cette histoire de parfum et de lettre trouvée dans un placard de cuisine on ne va pas en faire un roman a dit Marianne à Bérénice (à chacun des enfants un prénom de théâtre : Marianne, Bérénice, Camille le fils… et Lisette); Lili la dernière, partie à vingt ans, géomètre de formation : trente qu’elle vit dans l’état de New York ; Continuer la lecture#été du roman #03 Stein | la lettre→

#technique #8 | beau (J2)

beau comme le désordre du jardin après la pluie et le drap pendu à la fenêtre lourd belle comme lui ou elle et son corps sur le lit après et le fouillis des cheveux comme était le jardin et les pétales collés à la toile cirée avec ses fleurs crevées trop longtemps dehors soleil pluie gel et les miettes du Continuer la lecture#technique #8 | beau (J2)→

#40jours #34 | tout va trop vite

Ces six frères et sœurs partis au cinéma, elle se retrouve seule dans sa chambre. Elle révise le bac. Dans leur appartement de La Marandinière, les parents discutent à coté, ils chuchotent on n’y arrivera pas, c’est trop dur, il faut qu’ils travaillent vite et payent une pension, la mère proteste, c’est trop tôt ils…mais le père coupe court, c’est Continuer la lecture#40jours #34 | tout va trop vite→