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La critique littéraire avait une fonction de médiation bien définie, dans la haute période de Sainte-Beuve, entre ce que l’imprimerie proposait, s’élargissant, s’industrialisant, et surtout conquérant de nouvelles couches sociales en mal de reconnaissance symbolique. Ce dispositif s’est stabilisé et structuré en se faisant médium de prescription : les bibliothèques construisant leurs achats en cochant les listes dans le Monde des Livres ou la Quinzaine littéraire. Ce modèle s’est ensuite transposé dans les médias apparaissant, la radio puis la télévision. France Culture perpétrant la tradition d’une fenêtre ouverte même au plus singulier (la longue aventure d’Alain Veinstein de son Du jour au lendemain, la télévision renonçant progressivement à ces tentatives (souvenez-vous de Qu’est-ce qu’elle dit Zazie ? avant de devenir un amplificateur à industrie.

Internet, avec le monde des YouTubeurs, ou des espaces collaboratifs comme Babelio, a hérité de ce modèle. Mais dans une ambivalence : Internet est un média de création en lui-même, et pas une instance de recommandation pour des objets qui sont hors de lui. Parler des écritures qui nous font, c’est un espace de création en tant que tel, qui est depuis toujours instance organique à la littérature : combien de livres avons-nous lu, découverts d’abord par des textes ou recensions de Maurice Blanchot ou bien d’autres ?

On n’a pas le choix. Les suppléments littéraires de journaux ne se déterminent que les uns par rapport aux autres, s’enflent tous des mêmes daubes, sans jamais mettre un bout d’orteil dans ce qui s’invente sur web. Avec 40 titres en distribution, est-ce que vous auriez lu quelque chose quelque part qui concerne Tiers Livre Editeur. La librairie fait ce qu’elle peut, mais dans les conditions économiques qui sont les siennes (durée moyenne d’un livre en librairie 5 semaines, 70% du chiffre d’affaires fait avec moins de 500 références) mais souffre d’un mal bien plus profond : la recomposition interne des politiques éditoriales, surproduction, financement par les retours, normalisation de plus en plus accentuée des contenus.

Alors ça me fait rire, les messages gentils qui me vantent comme passeur (ah, le beau mot passoire, avec toute la bonne conscience d’instit ou de curé). Bon, ça fait toujours plaisir, mais ça correspond pas tout à fait à qui je suis : la littérature c’est sauvage, on mord, on se bat.

Si je parle des écritures qui me concernent, d’abord c’est une question de survie. Mon propre travail ne pourrait pas être reçu ni compris si je ne fais pas état des enjeux et défis à l’oeuvre dans le travail des autres.

Et puis tout simplement c’est physique. Je lis rarement un livre en entier, sinon Balzac et Simenon. Même les Gracq ou Proust je lis et relis plutôt toujours les mêmes passages. Ce qu’énonçait Roland Barthes : on reconnaît un grand livre à ce qu’on n’y saute jamais les mêmes passages, c’est ce que je fais depuis 20 ans avec Saint-Simon.

Alors oui, s’en mettre en gueule rien qu’une page s’il faut, mais c’est là et à ça que moi je me mesure un bouquin : comment il vous tord pour qu’on le prononce.

Donc, depuis bientôt 3 ans, quand et où ça me prend. Ici dans mon petit burlingue équipé vidéo, dans les piaules d’hôtel ou dans le train, mais s’y coller avec le corps, langue dans langue.

Et j’ai envie de continuer, d’accentuer. C’est un boulot qu’on fait pour soi. Pour comprendre. Oui, un espace de création comme les autres présents ici, mais avec les mots et dans le corps des autres.

En voici le dictionnaire par ordre alphabétique d’auteur. Quand un article du site y est associé, ou que j’ai mis en ligne l’extrait lu, j’ajoute un astérique (enfin, je vais le faire dans les prochains jours).

Merci à tou.te.s. Et bien sûr double à qui m’envoie son livre.

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- les liens, sous les vidéos ou dans les articles associés, permettent la commande directe du livre, n’hésitez pas : cela contribue aux achats de matériel vidéo et à l’hébergement du site.

- Image en haut de page : comme souvent, Charles Sheeler (Composition in white, 1959)

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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne 8 juillet 2017 et dernière modification le 18 octobre 2017
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